Jusqu'à 14 ans requis contre un pilier présumé du banditisme corse
14 ans requis contre un pilier présumé du banditisme corse

Une lourde peine de prison, comprise entre douze et quatorze ans, a été requise jeudi contre Mickaël Ettori, décrit comme un pilier de la bande corse du Petit Bar. Il est accusé d’avoir été un « pont » entre la « criminalité organisée » et « la finance en col blanc ».

Le réquisitoire du parquet

Devant le tribunal correctionnel de Marseille, l’accusation a également requis une amende comprise entre 1,5 et 2 millions d’euros, ainsi qu’une interdiction de séjour pendant cinq ans dans les deux départements corses et en Île-de-France. La procureure Isabelle Candau a qualifié le Petit Bar d’« association mafieuse qui a mis une chape de plomb sur la Corse-du-Sud ».

Le rôle de Mickaël Ettori

Selon l’accusation, Mickaël Ettori a joué « un rôle de pont entre le monde occulte de la criminalité organisée et le monde économique et de la finance en col blanc ». Arrêté le 13 décembre 2025 après cinq années de cavale, il avait fait opposition à une condamnation par défaut de douze ans de prison prononcée le 28 mai 2025.

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Les arguments de la défense

Le prévenu a présenté ce dossier comme « un roman », une « construction » judiciaire et médiatique « pour vendre du papier ». En revanche, l’accusation a puisé dans le passé judiciaire du clan pour affirmer que « le Petit Bar est un groupe criminel impliqué depuis des décennies dans le trafic international de stupéfiants et dans les extorsions de commerces ».

Un train de vie fastueux

Dans cette bande criminelle qui « dispose d’une masse d’argent colossale », Mickaël Ettori occupe un rôle de premier plan au sein d’un « trio de décideurs » aux côtés de Pascal Porri et de Jacques Santoni, « figure emblématique » qui « a toujours le dernier mot ». Les enquêteurs ont constaté de régulières opérations de comptage d’espèces, jusqu’à 680 000 euros passés en deux jours dans les machines à compter.

« L’argent ruisselle entre les mains du Petit Bar et entre celles de Mickaël Ettori et il sert à bien vivre, à très bien vivre », ont assuré les magistrats, détaillant son train de vie de nabab. L’accusation a campé Mickaël Ettori dans une fonction de « financier » du clan, omniprésent dans toutes les négociations autour de projets d’investissements immobiliers à Courchevel ou d’acquisitions d’établissements à Ajaccio.

La défense du prévenu

Tout au long des débats, le prévenu s’est efforcé de convaincre de son rôle d’intermédiaire sur le marché gris de la vente de montres de luxe, estimant ses gains annuels autour de 40 000 à 50 000 euros. « Je me retrouve dans un QI avec douze ans sur la tête pour avoir vendu des montres », s’est-il défendu. Le magistrat a toutefois relevé que rien dans le dossier ne justifie cette activité, prêtant au prévenu « la possession d’un patrimoine financier occulte de centaines de milliers d’euros ».

Le défenseur de Mickaël Ettori, Me Bruno Rebstock, devait plaider dans la soirée de jeudi. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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