A Sqadra : le bénévolat jeune monégasque en plein essor
A Sqadra : le bénévolat jeune monégasque en plein essor

À Monaco, le dispositif de la mairie « A Sqadra » donne aux jeunes le goût de l’engagement et du bénévolat

Née d’une idée de collégiens dans le cadre du « Projet communal junior », A Sqadra réunit aujourd’hui une trentaine de bénévoles âgés de 12 à 21 ans au service de la vie communale monégasque.

L’équipe A Sqadra apporte son aide sur certains événements organisés par la mairie comme la Journée de la petite enfance.

A Sqadra, littéralement « l’équipe » en monégasque, est née de la septième édition du « Projet communal junior », ce dispositif de la mairie qui invite les collégiens de la Principauté à proposer des initiatives concrètes. Parmi les projets retenus lors de cette édition, il y a celui porté par le collège Charles-III de créer une équipe de jeunes bénévoles prêts à s’investir dans les événements communaux. « C’est la continuité d’un travail engagé depuis plusieurs années avec les jeunes », résume Chloé Boscagli, adjointe en charge de la Jeunesse, de la Parité et de l’Égalité femmes/hommes.

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De dix à une trentaine de bénévoles en un an

Le premier événement, la Journée de la petite enfance du 17 mai 2025 au Parc Princesse Antoinette, avait réuni dix volontaires. Toutes des jeunes filles à l’époque. Depuis, la mixité a progressé et la liste de diffusion atteint aujourd’hui une trentaine de contacts, entre 12 et 21 ans, monégasques ou scolarisés en Principauté. La coordination est assurée par Andrea Pucnik-Danty, chargée de mission à la mairie de Monaco, qui envoie une notification à l’ensemble du réseau avant chaque événement. « Certains ne peuvent pas toujours venir. Nous comprenons qu’ils aient d’autres engagements, notamment scolaires. L’important, c’est de continuer à les inviter », explique-t-elle.

En un an, le groupe a participé aux deux braderies communales, à la Journée de la petite enfance, et à une réunion institutionnelle du réseau des Jeux parlementaires de la francophonie, organisée au Conseil national. Cette dernière expérience a particulièrement marqué les participants. Alma Ewart et Léana Fischer, toutes deux en terminale à l’école FANB, en témoignent. « Nous avons pu échanger avec des parlementaires du monde entier sur des sujets liés aux réseaux sociaux. C’est très différent de tout ce que nous pouvons vivre à l’école », confie Léana Fischer. Pour Alma Ewart, dont les ambitions professionnelles s’orientent vers les institutions, l’expérience fait sens : « Toute la vie de Monaco passe par la mairie. Pouvoir en voir le fonctionnement de l’intérieur est une chance. »

Sans pression mais avec sérieux

Ce qui séduit les bénévoles, c’est aussi la nature de l’engagement et l’absence d’un résultat à tout prix. « Comme nous ne sommes pas payés, il n’y a pas la pression de tout réussir. Si nous faisons des erreurs, ce n’est pas dramatique. Nous sommes là pour apprendre », résume Léana Fischer. Une liberté qui n’exclut pas le sérieux : les bénévoles arrivent parfois à 7 h 30, montent les tables, orientent les visiteurs, travaillent aux côtés des agents communaux.

La démarche pour rejoindre A Sqadra est volontairement accessible : un mail à jeunesse@mairie.mc, un échange avec Andrea Pucnik-Danty, puis une convention signée pour chaque événement. Pas d’engagement annuel, pas d’entretien formel.

Des ambitions qui s’élargissent

Après un an d’existence, la mairie réfléchit à élargir le périmètre d’A Sqadra. Les associations partenaires de la commune pourraient prochainement faire appel au réseau. Une collaboration avec le Conseil de l’Europe, dont Monaco assure la vice-présidence, est également dans les tuyaux. « Je me suis autorisée à avoir la certitude que nous organiserons quelque chose dans ce cadre », glisse Chloé Boscagli, sans en dire davantage. Les bénévoles ont aussi leurs idées. Alma Ewart rêve de pouvoir s’impliquer lors du Grand Prix de Formule 1. « Ce serait incroyable », s’enthousiasme-t-elle, même si les actions de la mairie lors de cet événement sont limitées.

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Au-delà d’A Sqadra, les deux lycéennes estiment que leur engagement vient casser les clichés souvent associés à leur génération. « Dire que les jeunes ne s’impliquent plus, c’est faux », estime Léana Fischer, qui voit surtout un manque d’information ou de visibilité sur les possibilités d’engagement. Alma Ewart nuance également : selon elle, l’implication varie fortement d’un jeune à l’autre, entre études, activités personnelles et autres dispositifs déjà existants en Principauté. Pour toutes les deux, des initiatives comme A Sqadra ont surtout le mérite de rendre le bénévolat concret et accessible.