Scolarisation handicap : des avancées, mais toujours insuffisante
Scolarisation handicap : avancées, mais insuffisante

Alors que la rentrée scolaire approche, le constat est sans appel : la scolarisation des enfants en situation de handicap demeure « loin d'être satisfaisante », malgré « quelques avancées ». C'est ce qui ressort d'un rapport de l'Éducation nationale, publié ce mercredi, qui dresse un état des lieux nuancé mais critique.

Des progrès réels mais insuffisants

Le rapport, intitulé « Que chaque élève puisse jouir de ses droits », reconnaît des améliorations notables. Le nombre d'élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire a augmenté de 6% par rapport à l'année précédente, atteignant près de 450 000. Les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) ont également vu leurs effectifs progresser de 4%.

Pour autant, ces chiffres ne sauraient masquer des disparités criantes. Selon le document, un enfant en situation de handicap sur cinq n'a toujours pas de solution de scolarisation à la rentrée. Les familles se heurtent à des listes d'attente interminables, à des accompagnants manquants et à des établissements inadaptés.

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Des inégalités territoriales et sociales marquées

Le rapport pointe surtout des inégalités territoriales et sociales. Dans certains départements, le taux de scolarisation des enfants handicapés chute à 70%, contre 95% dans les zones les mieux dotées. Les enfants issus de milieux défavorisés sont deux fois plus nombreux à être exclus du système scolaire.

« Il y a une forme de loterie géographique et sociale », déplore Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, cité dans le rapport. « Nous devons garantir à chaque enfant, quel que soit son lieu de vie ou son origine, les mêmes droits à l'éducation. »

Des recommandations pour l'avenir

Face à ce constat, le rapport formule plusieurs recommandations. Il préconise notamment de renforcer la formation des enseignants, d'augmenter le nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et de créer un fichier national unique pour suivre chaque parcours.

Le ministère s'est engagé à mettre en œuvre ces mesures dès la prochaine rentrée, avec un budget supplémentaire de 200 millions d'euros. Objectif affiché : réduire de moitié le nombre d'enfants sans solution d'ici 2027.

Reste que les associations de familles, qui ont salué la transparence du rapport, attendent désormais des actes concrets. « Les annonces ne suffisent plus, il faut des moyens humains et financiers à la hauteur de l'enjeu », insiste Marie-Claire Delacroix, présidente de l'Unapei, citée dans le document.

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