Un rapport parlementaire pour relancer la natalité en France
En 2025, seulement 644 000 bébés ont vu le jour en France, selon les derniers chiffres de l'Insee. Cette baisse de 2,3 % par rapport à 2024 et de 24 % depuis 2010 représente le plus faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Face à cette situation alarmante, un rapport parlementaire présenté le mercredi 11 février 2026 propose 37 mesures concrètes pour inverser la tendance démographique.
Une révolution de la politique familiale
Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur de la Mission d'information sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France, appelle à une véritable transformation des politiques familiales. « J'appelle à une révolution de la politique familiale pour permettre aux Français de réaliser leur désir d'enfant », explique-t-il. Ce rapport, fruit de sept mois de discussions approfondies, vise à soutenir le controversé « réarmement démographique » souhaité par le président Emmanuel Macron.
Les trois propositions phares du rapport
Parmi les 37 propositions avancées, trois mesures principales retiennent particulièrement l'attention des experts et du grand public.
Une allocation universelle de 250 euros par enfant
La mesure la plus marquante prévoit la création d'un versement familial unique de 250 euros par enfant et par mois. Cette allocation serait versée dès le premier enfant, sans aucune condition de ressources, et jusqu'aux 20 ans de l'enfant. Fonctionnant comme une sorte de revenu universel pour les familles, cette prestation fusionnerait une dizaine d'aides existantes. Le surcoût estimé se situe entre 5 et 10 milliards d'euros, selon le rapporteur. Cette mesure répond directement au frein majeur que représente le coût élevé d'un enfant pour de nombreuses familles françaises. Actuellement, les allocations familiales ne sont versées qu'à partir du deuxième enfant et restent soumises à des plafonds de ressources stricts.
Un congé parental unifié et rémunéré
Le rapport propose une refonte complète du congé parental. Actuellement non rémunéré mais seulement indemnisé sous conditions, ce congé serait unifié et partagé équitablement entre les deux parents. Il serait rémunéré en proportion du salaire antérieur pendant douze mois, avec un taux pouvant atteindre 80 % selon Constance de Pélichy, présidente de la Mission. Le rapport entend également rendre obligatoire le congé de paternité, qui passerait de sept à quinze jours. Cette mesure pourrait être prolongée jusqu'à l'entrée en école maternelle, avec une rémunération sous forme de forfait fixe.
Plus d'espaces adaptés aux enfants dans les transports
Quelques semaines après la polémique suscitée par la SNCF et sa nouvelle classe affaires Optimum « sans enfants », le rapport prévoit des mesures concrètes pour mieux accueillir les familles. Il rendrait obligatoire l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants dans les trains. De plus, il propose de modifier l'article 225-1 du Code pénal pour y intégrer explicitement l'exclusion des mineurs comme une forme de discrimination. Cette mesure vise à garantir aux familles un accès égal à tous les services publics et privés.
Un contexte démographique préoccupant
La publication de ce rapport intervient dans un contexte de baisse continue de la natalité en France. Les experts soulignent que les Français ne renoncent pas nécessairement à la parentalité, mais hésitent de plus en plus à avoir un deuxième ou troisième enfant. Les freins économiques, l'organisation du travail et les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale sont régulièrement cités comme principales causes de cette tendance. Les propositions de ce rapport visent donc à créer un environnement plus favorable aux familles, en agissant sur plusieurs leviers simultanément.
La mise en œuvre de ces mesures nécessitera des débats parlementaires approfondis et des arbitrages budgétaires importants. Cependant, elles représentent une réponse structurée à un défi démographique qui préoccupe de plus en plus les responsables politiques et la société française dans son ensemble.