Tabarot présente sa loi-cadre sur le financement des transports, mais des doutes persistent
Loi-cadre transports de Tabarot : avancée ou incertitude ?

Philippe Tabarot présente sa loi-cadre sur le financement des transports

Le ministre des transports, Philippe Tabarot, a affiché un large sourire et exprimé son « bonheur » lors de la présentation de sa loi-cadre sur le financement des infrastructures de transport, mercredi 11 février 2026, en conseil des ministres au palais de l'Élysée à Paris. Cette annonce, faite en présence de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, marque une étape clé dans les efforts pour moderniser les réseaux de transport français.

Une loi qui ne règle pas tout, mais pose des principes fondamentaux

Ce texte législatif, bien qu'il ne résolve pas entièrement les colossaux besoins d'investissement dans les réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux, grave dans le marbre plusieurs grands principes issus de la conférence Ambition France Transports (AFT). Cette conférence, qui s'est tenue au printemps 2025, avait réuni environ 150 élus et experts du secteur des transports, visant à définir une stratégie nationale à long terme.

La loi-cadre doit être prochainement soumis au Sénat pour examen. Cependant, de nombreux observateurs doutent qu'elle puisse être transmise à l'Assemblée nationale avant l'élection présidentielle de 2027, étant donné que l'agenda parlementaire est déjà très chargé. Ces incertitudes sont accentuées par le fait que les transports n'ont pas été mentionnés par le premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un entretien accordé à la presse régionale le dimanche 8 février 2026.

Des obstacles persistants et des espoirs pour l'avenir

Philippe Tabarot n'a pas réussi à convaincre Bercy, le ministère de l'Économie et des Finances, du bien-fondé d'une loi de programmation détaillée, à laquelle il avait cru jusqu'à la dernière minute lors de la restitution des conclusions d'AFT en juillet 2025. Malgré cela, la loi-cadre consacre le principe d'une future loi de programmation « portant sur une période qui ne peut être inférieure à dix ans ».

Cette disposition vise à offrir aux acteurs du secteur le temps long nécessaire pour planifier et exécuter des travaux d'infrastructure, qui s'anticipent sur un rythme incompatible avec l'annualité budgétaire traditionnelle. Elle représente une avancée significative pour assurer la stabilité et la prévisibilité des investissements dans les transports, même si des défis politiques et financiers subsistent.

En résumé, cette loi-cadre symbolise un pas en avant dans la gouvernance des transports en France, mais son adoption rapide et son impact concret restent incertains, notamment dans un contexte électoral tendu et avec des priorités gouvernementales fluctuantes.