À quelques jours de la rentrée, des milliers de bacheliers et d'étudiants en réorientation sont toujours sans proposition d'admission sur Parcoursup. La phase complémentaire s'achève le 10 septembre, date limite pour espérer recevoir une offre. Passé ce délai, les candidats devront envisager d'autres solutions : année « blanche », armée, écoles privées, etc.
Des témoignages poignants de familles désemparées
BFM TV a recueilli le témoignage de plusieurs familles concernées. La mère d'une jeune bachelière cherchant une licence d'économie raconte : « On a passé un été pourri à espérer. L'autre jour, elle m'a dit : “c'est bon, j'arrête, je baisse les bras”. J'ai essayé de rester positive et de lui dire qu'il y avait encore une chance, qu'on avait jusqu'au 10. »
Pour cette mère, les écoles privées ne sont pas une option financièrement viable : « On s'est renseigné, c'est autour de 10 000 euros l'année rien que pour les frais de scolarité. Je n'ai pas du tout les moyens », confie-t-elle.
Les CAES, une solution insuffisante
Le 11 juillet dernier, 46 000 étudiants en demande de réorientation n'avaient reçu aucune proposition sur Parcoursup, selon les données rapportées par BFM TV. Les lycéens étaient 57 000 dans la même situation. Pour y remédier, la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) a été mise en place le 1er juillet.
Cette solution n'a pas fonctionné pour un jeune qui, depuis 2025, cherche à intégrer une licence Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Son père déplore : « Il a un vrai projet personnel et sportif mûrement réfléchi. Il était pourtant 8e sur liste d'attente, il pensait être contacté durant l'été, mais ça n'a pas bougé. »
Des cas particulièrement difficiles pour les expatriés
Certains candidats scolarisés à l'étranger rencontrent des difficultés encore plus grandes. Une jeune fille de nationalité française, titulaire d'un bac tunisien avec 18 de moyenne, a formulé des vœux pour des classes préparatoires et des doubles licences en France afin de devenir ingénieur. Sa mère témoigne : « Ses 60 vœux ont tous été refusés. En phase complémentaire, quand elle faisait un vœu le matin, elle recevait un refus dans l'après-midi, à croire que son dossier n'était même pas lu. »
Selon les informations rapportées, 23 000 candidats scolarisés à l'étranger étaient sans solution en juillet. Une infirmière, dont le fils souhaite intégrer un institut de formation en soins infirmiers, regrette : « La France a besoin de soignants, on est sous-effectif, mais on ne prend pas les candidats motivés. Ça n'a aucune logique ! Nos enfants sont les adultes de demain et on ne leur propose rien. C'est révoltant. » Son fils, détenteur d'un bac sciences et technologies de la santé et du social, est toujours sur liste d'attente à quelques jours de la rentrée.



