Dans la nuit du 4 au 5 août, des voleurs ont dérobé cinq cloches en bronze dans l'ancienne fonderie de Robécourt, un village vosgien d'à peine une centaine d'habitants. Grâce à l'enquête de gendarmerie, quatre cloches ont été retrouvées et restituées lundi, mais elles sont très endommagées. Le préjudice est estimé à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Un butin de 800 kg de bronze
Les trois cloches les plus précieuses, nommées « Marie », « Saint-Martin » et « Magdalena », étaient les pièces maîtresses du musée de la Fonderie de cloches. « Saint-Martin », la plus ancienne, âgée de 137 ans, pèse 322 kg, suivie de « Magdalena » (250 kg) et « Marie » (150 kg). Avec une autre cloche plus petite, le vol représente environ 800 kg de bronze.
Selon le musée, les malfaiteurs ont pénétré dans les lieux « vraisemblablement vers 3 heures du matin », ont dérobé plusieurs cloches et « mis à sac une partie des installations ». Cette ancienne fabrique était la dernière de Lorraine à fondre des cloches jusqu'en 1939.
Des cloches retrouvées mais en piteux état
« Une enquête de gendarmerie est en cours concernant le vol de cloches à Robécourt », a indiqué la vice-procureure de la République d'Épinal, Elsa Anselmo. « Les investigations ont d'ores et déjà permis de retrouver quatre cloches dérobées », restituées lundi à leurs propriétaires, a-t-elle ajouté.
« On a récupéré des morceaux », se désole Michel Barret, vice-président de l'association qui gère le musée. Deux cloches ont perdu leurs anses et ne pourront plus être balancées, tandis que deux autres ont été « pulvérisées » à coups de masse, explique-t-il.
Un préjudice financier important
La refonte des œuvres risque de coûter des dizaines de milliers d'euros. Le musée, actuellement fermé pour rénovation, ne pourra pas rouvrir au public de sitôt. Les voleurs projetaient probablement de fondre le bronze, qui contient 78 % de cuivre, un métal dont les cours avoisinent les 14 000 dollars la tonne. À ce prix, le vol aurait pu rapporter environ 8 000 euros à ses auteurs. L'attrait pour le cuivre se traduit souvent par des vols de câbles, perturbant les trains ou les télécommunications.



