Une salariée de Leroy Merlin, licenciée après la découverte d'un vol de 550 € dans sa caisse, a obtenu gain de cause devant les prud'hommes. L'enseigne a été condamnée à lui verser 10 001 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Cette décision, rendue par le conseil de prud'hommes, marque un revers pour le géant du bricolage, qui avait invoqué une faute grave pour justifier le licenciement.
Les faits : un vol de 550 € dans une caisse
L'affaire remonte à plusieurs mois. La salariée, employée dans un magasin Leroy Merlin, a été surprise par la direction alors qu'un vol de 550 € avait été commis dans sa caisse. Selon la version de l'entreprise, la caissière aurait été impliquée dans ce vol, ce qui a conduit à son licenciement pour faute grave. La direction a estimé que la confiance était rompue et a engagé une procédure disciplinaire.
La salariée, de son côté, a toujours contesté les faits. Elle a affirmé n'avoir aucun lien avec ce vol et a dénoncé une procédure abusive. Soutenue par ses représentants syndicaux, elle a décidé de saisir le conseil de prud'hommes pour contester son licenciement et demander réparation.
La décision des prud'hommes : un licenciement sans cause réelle et sérieuse
Après examen des pièces du dossier, les juges prud'homaux ont donné raison à la salariée. Ils ont estimé que le licenciement était sans cause réelle et sérieuse, faute de preuves suffisantes de son implication dans le vol. Le conseil a également relevé des irrégularités dans la procédure disciplinaire, notamment un manque de loyauté dans l'enquête interne.
En conséquence, Leroy Merlin a été condamnée à verser 10 001 € de dommages et intérêts à son ancienne employée. Cette somme vise à réparer le préjudice moral et financier subi par la salariée, qui s'est retrouvée sans emploi du jour au lendemain.
Impact pour la salariée et pour l'entreprise
Pour la salariée, cette victoire judiciaire est une forme de réhabilitation. Elle a déclaré avoir vécu un « calvaire » depuis son licenciement, tant sur le plan professionnel que personnel. « Je me suis sentie humiliée et salie par des accusations infondées », a-t-elle confié à nos confrères de La Provence. Elle espère que cette décision enverra un message fort aux employeurs qui seraient tentés de licencier sur la base de simples soupçons.
Pour Leroy Merlin, cette condamnation constitue un revers financier et d'image. L'enseigne, qui n'a pas fait savoir si elle comptait faire appel, devra s'acquitter de la somme due, ainsi que des dépens. Cette affaire rappelle l'importance pour les entreprises de respecter scrupuleusement les procédures disciplinaires et de ne pas se précipiter dans des licenciements fondés sur des preuves fragiles.



