Vol de 4 700 bouteilles de vin dans l'Hérault : l'auteur, récidiviste, écope de 35 heures de TIG, le vigneron crie au scandale
Une partie des cartons de vin retrouvés chez les deux mis en cause. Justice, Faits divers, Montpellier. Publié le 27/10/2025 à 17:34, mis à jour le 23/04/2026 à 11:37. Article rédigé par Laurent Vermorel, Midi Libre.
Reconnu coupable d'avoir volé près de 4 700 bouteilles de vin sur le domaine Vallat à Montpeyroux, à l'ouest de Montpellier, un ancien salarié de 28 ans a été condamné début octobre par la maison de la justice et du droit de Lodève à 35 heures de travail d'intérêt général. Une peine jugée dérisoire par le vigneron Jean-François Vallat, qui déplore un préjudice d'environ 20 000 euros et dénonce une justice trop clémente envers les récidivistes.
Témoignage…
Il pensait que la justice allait se montrer exemplaire face à des preuves irréfutables. Mais la décision rendue début octobre par la maison de la justice et du droit de Lodève laisse un goût amer à Jean-François Vallat, vigneron à Montpeyroux. Son ancien salarié, reconnu coupable d'avoir dérobé plusieurs milliers de bouteilles sur son domaine, a seulement écopé de… 35 heures de travail d'intérêt général. "C'est inadmissible !", fulmine le viticulteur, qui dénonce une sanction dérisoire au regard du préjudice subi.
L'affaire remonte à l'été dernier. Après des semaines de disparitions inexpliquées dans ses stocks, le propriétaire du domaine Vallat finit par mener sa propre enquête. Une ténacité payante qui lui permet d'apprendre que certaines de ses bouteilles circulent "sous le manteau" dans le milieu de la restauration, à des prix défiant toute concurrence. Persévérant, il parvient à obtenir les coordonnées dudit revendeur et décroche un rendez-vous, chez lui, à Nébian, en se faisant passer pour un acheteur intéressé. Sur place, il y découvre avec stupeur une quarantaine de cartons de vin clairement issus de sa production.
Il mène sa propre enquête
Immédiatement avisés, les gendarmes de Clermont-l'Hérault vont procéder à son interpellation et remonter jusqu'à un chauffeur livreur salarié du domaine, à l'origine des vols. Ce dernier, âgé de 28 ans et domicilié à Lodève, avait reconnu les faits en garde à vue. Lors des perquisitions effectuées chez les deux mis en cause, les militaires ont mis la main sur pas moins de 1 800 bouteilles de vin dérobées. Mais le butin total s'élevait en réalité à près de 4 730 bouteilles ! "Selon un inventaire, il en manque encore 2 900, soit un préjudice d'environ 20 000 euros", précise aujourd'hui Jean-François Vallat. "Une somme que je ne reverrai jamais car le principal mis en cause est insolvable. Il n'a pas d'argent, ni aucun bien propre."
Une récidive qui ne change rien à la peine
Le 9 octobre dernier, le jeune homme a comparu devant la maison de la justice et du droit de Lodève dans le cadre d'une composition pénale. Il lui était reproché d'avoir, entre le 1er et le 25 juillet 2025, "soustrait frauduleusement des cartons de vin appartenant au domaine Vallat, en pénétrant dans un lieu destiné à l'entrepôt de marchandises". Particularité de ce dossier, le prévenu se trouvait en état de récidive légale, ayant déjà été condamné le 9 mai 2022 par le tribunal de Foix pour des faits similaires. Malgré cela, la justice a validé la proposition du parquet. Soit 35 heures de travail d'intérêt général et un engagement à réparer le préjudice. Une issue qui fait bondir le vigneron. "Je trouve ça scandaleux ! Quand on sait qu'il a déjà commis ce type de vol, il aurait au moins dû écoper d'un sursis, quelque chose qui le tienne. Une sorte d'épée de Damoclès au-dessus de la tête comme on a l'habitude d'entendre. Là, il peut recommencer dès demain chez quelqu'un d'autre. C'est quand même de la folie d'être aussi laxiste."
Des mentions barrées sur la décision
Plus encore, l'exploitant s'interroge sur certains éléments de l'ordonnance de validation qu'il a reçue. "Des passages sont barrés à la main, notamment celui qui indique qu'en cas de non-remboursement du préjudice, le mis en cause pourrait être poursuivi devant le tribunal. Donc, s'il ne me rembourse pas, que puis-je faire ? Vers qui puis-je me retourner ? Je suis scandalisé." Pour le vigneron de Montpeyroux, cette décision donne "un bien mauvais signal" à ceux qui travaillent honnêtement. "On parle de 20 000 euros de perte, d'un salarié qui a trahi la confiance de son employeur, et il s'en tire avec 35 heures de travail d'intérêt général. C'est vraiment décourageant."



