Arrestations et enquête pour violences homophobes à Saint-Étienne
Violences homophobes à Saint-Étienne : des arrestations

Trois personnes ont été interpellées et une enquête a été ouverte à Saint-Étienne après des violences homophobes survenues lors d'une manifestation. Le préfet de la Loire, Alexandre Rochatte, a dénoncé un « déferlement haineux » et promis que l'État ne céderait pas face à ces actes.

Les faits : une agression en plein rassemblement

Les faits se sont déroulés samedi 13 juillet 2024 en fin d'après-midi, lors d'un rassemblement organisé sur la place de l'Hôtel-de-Ville à Saint-Étienne. Selon les premiers éléments de l'enquête, un groupe d'individus aurait pris pour cible des participants en raison de leur orientation sexuelle présumée. Les victimes, âgées d'une vingtaine d'années, auraient été insultées puis frappées à coups de poing et de pied.

Les forces de l'ordre, rapidement intervenues, ont procédé à l'interpellation de trois suspects, âgés de 18 à 25 ans. Ils ont été placés en garde à vue pour « violences en réunion avec préméditation et à caractère homophobe ». Une quatrième personne est activement recherchée, a précisé le parquet de Saint-Étienne.

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Réactions politiques et associatives

Le préfet Alexandre Rochatte a condamné avec fermeté ces actes : « Nous ne céderons pas face au déferlement haineux. La République ne tolère aucune forme de discrimination ou de violence. » Il a également annoncé le renforcement de la présence policière dans le centre-ville pour les prochains jours.

Les associations LGBTQ+ locales, dont Contact Loire et le Centre LGBTI de Saint-Étienne, ont exprimé leur indignation. « C'est un acte d'une violence inouïe qui rappelle que l'homophobie est toujours bien présente dans notre société », a déclaré sa présidente, Sophie Martinez. Une marche blanche est prévue mercredi 17 juillet pour rendre hommage aux victimes et dénoncer l'homophobie.

Un contexte de tensions

Cette agression survient dans un climat de tensions autour des questions LGBTQ+ en France. Selon un rapport de SOS Homophobie publié en mai 2024, les actes homophobes ont augmenté de 15 % au premier semestre 2024 par rapport à la même période en 2023. La Loire fait partie des départements les plus touchés, avec une hausse de 22 % des signalements.

À Saint-Étienne, plusieurs associations avaient déjà alerté sur la recrudescence d'agressions verbales et physiques. En mars dernier, un couple avait été agressé près de la gare, entraînant une mobilisation citoyenne. Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a condamné ces violences et appelé à l'apaisement.

Enquête en cours

L'enquête a été confiée à la sûreté départementale de la Loire. Les enquêteurs analysent les images de vidéosurveillance et entendent les témoins. Les trois suspects, connus des services de police pour des faits de violence, devraient être déférés devant le parquet lundi 15 juillet. Ils encourent jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende.

Le parquet a indiqué que l'enquête devait également déterminer si d'autres personnes ont participé à l'agression. Les victimes, prises en charge par une cellule psychologique, ont été examinées par un médecin légiste. Leurs jours ne sont pas en danger, mais elles présentent des ecchymoses et un traumatisme psychologique important.

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