Une vidéo inédite éclaire les minutes cruciales après l'agression de Quentin Deranque à Lyon
Le journal Le Progrès a dévoilé ce jeudi 5 mars une séquence vidéo inédite, capturant le militant identitaire Quentin Deranque et un compagnon, quelques instants seulement après l'affrontement violent survenu le 12 février à Lyon. Cette publication intervient près d'un mois après les faits, offrant un éclairage précieux sur le déroulé des événements et les décisions prises par les militants d'extrême droite immédiatement après le passage à tabac.
Les images de la rue Victor Lagrange : un état de choc visible
Tournée à 18h07, rue Victor Lagrange, là même où l'agression a eu lieu, la vidéo d'une trentaine de secondes montre Quentin Deranque vêtu d'une doudoune bleue, une cagoule sur la tête, les mains ensanglantées et l'air hagard. À ses côtés, un ami présente également une main tachée de sang. Les deux hommes apparaissent passifs, silencieux, entourés de cinq à six passants ou habitants du quartier. Une source au sein du groupe d'extrême droite lyonnais Audace a confirmé à l'AFP l'identité des individus filmés.
Les réactions des passants : entre stupeur et conseils divergents
Sur les images, les témoins échangent à propos de l'état des deux militants. Une femme exprime sa stupéfaction : « Il s'est fait taper sur la tête ce monsieur ! ». Un homme rétorque, suggérant une responsabilité assumée : « Non mais c'est des trucs qu'ils assument. Ils étaient là pour ça je pense ». Cette interrogation suscite une explication d'une autre voix masculine : « C'était une bagarre organisée, il y a deux groupes qui se sont bagarrés, d'accord ? ». Pendant ce temps, une témoin indique que les secours sont en route, tempérant l'impatience : « Ils envoient quelqu'un mais ils ne se téléportent pas, ils viendront quand ils pourront ».
Le dilemme : fuir ou se soigner ?
L'audio de la vidéo révèle des injonctions contradictoires de la part des passants. Certains recommandent la fuite : « Moi, je serais vous, je partirais », conseil renforcé par un autre : « À votre place, je ferai la même chose ». D'autres plaident pour une prise en charge médicale immédiate. Un homme insiste : « Je pense qu'il faut qu'il aille à l'hôpital Saint-Joseph car il a l'air d'aller vraiment mal… », avant d'ajouter, conscient des possibles complications judiciaires : « Mais s'il ne veut pas de problème avec la police je pense qu'il faut qu'il parte ». La femme initialement interpellée soutient la proposition de l'hôpital : « Oui, c'est ce que je dis, il faut qu'il aille à l'hôpital… ».
La décision fatale et ses conséquences
Face à ces avis partagés, les deux militants optent pour le départ avant l'arrivée des secours. Ils parcourent près de 2 kilomètres, traversant le Rhône et la Saône, pour atteindre le quai Fulchiron. C'est là que, environ 1 heure 40 après les violences, Quentin Deranque est finalement pris en charge par les secours, son état s'étant considérablement dégradé. Transporté dans le coma à l'hôpital Edouard-Herriot, au sud-est de Lyon, il succombera à ses blessures le 14 février vers 12h30. Suite à une vague d'interpellations les 17 et 18 février, six hommes ont été mis en examen pour homicide volontaire, soupçonnés d'avoir directement porté des coups, et un pour complicité.
Cette vidéo, en précisant le contexte immédiat post-agression, nuance partiellement le récit porté par l'extrême droite après la mort de Quentin Deranque, mettant en lumière les choix critiques qui ont précédé le drame.



