Vente de manette transformée en guet-apens : deux ans de prison dans le Gard
Vente de manette en guet-apens : deux ans de prison

Un jeune homme de 20 ans a été jugé ce lundi 3 novembre dans le cadre d'une comparution immédiate pour des faits d'extorsion avec arme. Le procureur Jean-Luc Vasserot a résumé l'affaire en ces termes : "C'est une affaire de vente de manette qui s'est transformée en guet-apens." Le prévenu, tête baissée et les larmes aux yeux, a reconnu les faits mais a affirmé avoir agi sous la contrainte.

Des faits graves à Caissargues

Le 24 juillet dernier, le prévenu s'est rendu à Caissargues pour conclure une vente de manettes de jeu. Sur place, il s'en est pris aux trois personnes présentes, les menaçant avec un couteau pour leur extorquer argent et téléphones. Selon les témoignages et les caméras de vidéosurveillance, il aurait agi avec un complice. Cependant, le jeune homme maintient en audition et à l'audience : "J'étais seul."

Il explique avoir croisé un individu juste avant la transaction, qui lui aurait donné le couteau et ordonné de rembourser une dette de stupéfiants sous peine de représailles. "J'ai été contraint, si je ne faisais pas ça, je ne sais pas ce qu'il m'aurait fait", se défend-il. Le prévenu a déjà deux mentions sur son casier judiciaire pour des faits liés aux stupéfiants.

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Une défense qui agace le tribunal

Le président Fabien Chenevier a exprimé son agacement face à cette défense, souvent utilisée dans les affaires de drogues. "J'ai l'impression qu'on perd un peu le bon sens commun à cette audience. Parce que vous consommez quotidiennement des stupéfiants et que vous avez une dette, alors la solution logique est de menacer ces personnes avec un couteau ?" a-t-il lancé.

Au-delà des menaces, le prévenu a également entaillé à plusieurs reprises l'une des victimes au niveau de la gorge, du visage et de l'épaule. "Je suis désolé", a-t-il lâché avant de s'effondrer. Le procureur a qualifié ces violences d'"abominables" et "lâches", et a requis quatre ans de prison.

La défense plaide la peur

Me Anaïs Lopes, avocate du prévenu, a plaidé que la menace exercée sur son client était réelle. "Quand on voit des vidéos de jeunes brûler pour des dettes, dénudés, oui, vous pouvez entendre qu'il a eu peur. Et il a reconnu, dès le début, qu'il a pris ce couteau et qu'il l'a utilisé à mauvais escient."

Après délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, avec maintien en détention. Il devra également suivre des soins, travailler, indemniser les victimes et ne pas entrer en contact avec elles.

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