Un trentenaire lyonnais, recherché pour évasion après avoir sectionné son bracelet électronique, a été condamné ce lundi 24 août par le tribunal correctionnel de Montpellier à 24 mois de prison ferme. Il lui était reproché d'être entré par effraction dans le parc des expositions de Montpellier dans la nuit du 21 août et d'avoir commis de multiples dégradations, dont la mise hors service d'un distributeur de billets d'une valeur de 25 000 euros.
Un parcours chaotique marqué par une évasion
Le prévenu, âgé de 33 ans, était activement recherché depuis le 14 mars, date à laquelle le parquet de Lyon avait signalé son évasion et délivré un mandat à son encontre. Après avoir sectionné l'attache de son bracelet électronique, il avait demandé à des proches de le restituer à l'administration. Devant la présidente du tribunal, il a expliqué avoir agi par crainte pour sa vie, se disant menacé après de mauvaises rencontres en prison.
« Je craignais pour ma vie et la sécurité de mes proches. J'ai prévenu le Spip (Service pénitentiaire d'insertion et de probation) que je ne pouvais pas rester à Lyon. Alors j'ai craqué la sangle de mon bracelet », a-t-il déclaré à l'audience. Il a également précisé avoir déposé plainte pour une tentative de meurtre.
Une intrusion nocturne au parc des expositions
Les faits remontent au 21 août, à Pérols. À 3 h 30 du matin, le trentenaire a été interpellé par une patrouille de police dans les locaux de la société Occitanie Évents. Quelques minutes plus tôt, il avait sauté la grille d'enceinte du parc des expositions, ouvert un volet situé au niveau 0 pour pénétrer dans un local alimentaire, puis exploré les lieux en commettant de nombreuses dégradations.
Il s'en est finalement pris à un distributeur de billets à l'aide d'un pied de biche, sans réussir à en extraire de l'argent, mais l'automate, d'une valeur de 25 000 euros, a été rendu totalement inutilisable. Interrogé sur sa présence à Montpellier, le prévenu a expliqué : « À Lyon, j'étais obligé de me cacher. Je voulais souffler un peu. Piquer une tête dans la mer. Je savais que j'étais recherché et qu'on allait finir par me prendre. Le soir des faits j'avais faim. Mon intention était seulement de trouver à manger et à boire mais je suis tombé sur tout un tas d'outils dans la cabane (dont le pied de biche et une paire de gants) par laquelle je suis entré. Rien n'était prémédité, j'ai improvisé. Et puis j'ai avancé dans mes découvertes et je suis tombé sur le distributeur. »
Un casier judiciaire chargé et une récidive retenue
Le prévenu n'en était pas à son premier délit. Son casier judiciaire compte dix-huit mentions, dont six pour des faits de vol et de recel. Il a été condamné une première fois en 2013, puis incarcéré quelques mois plus tard. Les enquêteurs ont également découvert qu'un autre vol avait été commis quelques jours seulement après le début de sa fuite, dans un campus sportif de Lyon, où un ordinateur et un téléphone portable avaient été dérobés.
Son avocate a tenté de mettre en avant un individu « qui a décroché du système, qui n'a plus de toit ni de ressources » et pour qui « la survie a pris le dessus », ajoutant : « Il vole pour ses besoins les plus essentiels, sans réfléchir au risque et aux peines encourues. » Le procureur de la République a toutefois rappelé que le butin du vol commis à Lyon n'était pas alimentaire, mais composé d'un ordinateur et d'un téléphone portable, et a souligné : « Ce monsieur nous dit qu'il s'en prend aux biens mais ne fait pas de mal aux individus. Un vol, un cambriolage, des dégradations, c'est un traumatisme pour les victimes. »
Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Après avoir retenu la récidive légale comme circonstance aggravante, il a condamné le prévenu à 18 mois de prison ferme pour les vols, auxquels s'ajoutent six mois supplémentaires pour l'évasion. L'homme, qui est retourné en détention, a également été interdit de paraître dans l'Hérault.



