Un déchet minuscule pour un pouvoir de nuisance immense. En France, les départs de feu sont très majoritairement liés à des comportements humains, notamment les mégots de cigarette jetés en bord de route ou depuis les véhicules. Statistique implacable : près de 90 % des feux de végétation débutent à proximité des axes routiers. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, la Confédération des buralistes, l’éco-organisme Alcome et l’Entente pour la forêt méditerranéenne de Valabre, le mégot est impliqué dans jusqu’à deux tiers des départs de feu liés aux infrastructures routières.
Une démonstration choc à Gardanne
À Gardanne (Bouches-du-Rhône), le 17 juin dernier, ces acteurs de la prévention ont organisé une démonstration pour sensibiliser aux risques d’incendie en période estivale. Les conditions ont été reproduites à l’identique : garrigue sèche, faible humidité et vent léger simulé. Résultat : en moins d’une minute, un simple mégot a suffi à déclencher un départ de feu dans un kilogramme de végétation sèche. « Même un vent de 5 km/h peut déclencher un incendie », souligne Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Un phénomène exponentiel
Une fois lancé, le feu accélère rapidement. « Dans la première minute, il faut déjà entre 10 et 15 litres d’eau pour éteindre le foyer », précise Théo Polimann, docteur-ingénieur au Ceren (Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie). Ensuite, le phénomène devient exponentiel et difficile à maîtriser. La fraise d’une cigarette allumée peut atteindre 400 °C et, dans certaines conditions, enflammer des herbes sèches en moins d’une minute. Malgré cela, un fumeur sur cinq reconnaît encore ce geste à risque.
D’autres causes d’incendie
Les mégots ne sont pas les seuls responsables. Dans l’Hérault, plusieurs incendies du 10 juin dernier ont été causés par des écobuages mal maîtrisés : des feux de végétaux allumés puis abandonnés, alors que la tramontane soufflait à près de 40 km/h. Selon la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, ces départs de feu ont mobilisé 14 interventions des sapeurs-pompiers du Sdis 34 en une seule journée.



