Un jeune homme de 19 ans originaire de Saint-Étienne a été jugé ce lundi 3 novembre au palais de justice d'Alès dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate pour trafic de stupéfiants. Son comportement a irrité tant les magistrats que son propre avocat.
Une interpellation sur un point de deal notoire
Le prévenu a été interpellé le 31 octobre dans les caves de la rue Lavoisier, un point de deal connu du quartier des Près Saint-Jean. Placé en détention provisoire dès le week-end, il a reconnu être dealer et a remis aux policiers une sacoche contenant 23 pochons de résine de cannabis, 12 capsules de cocaïne et 300 euros en petites coupures.
Un recrutement éclair
Arrivé la veille à Alès, une ville qu'il ne connaissait pas, le prévenu a expliqué avoir été recruté sur place le jour même. Interrogé par la présidente de l'audience, Cécile Baessa, il a simplement déclaré être allé voir le guetteur devant le bâtiment et lui avoir dit qu'il avait besoin d'argent. Son père, venu spécialement de Saint-Étienne, assistait au procès, dépité.
Déjà condamné à trois reprises et sous le coup d'un sursis simple de 18 mois, le jeune homme a assuré que ses deux jours passés à la prison de Nîmes lui avaient fait prendre conscience de la gravité de ses actes et a demandé une dernière chance.
Le spectre du narcotrafic marseillais
Le substitut du procureur, Quentin Larroque, a souligné que de plus en plus de dealers venus d'ailleurs opèrent à Alès, évoquant l'ombre de Marseillais dont « la boîte d'intérim tourne à plein régime ». Selon lui, ce jeune s'est inscrit dans la multinationale des stupéfiants et est venu travailler à Alès. Il a requis 12 mois de prison, dont six avec sursis probatoire, la révocation de six mois avec sursis et le maintien en détention.
La défense plaide pour une peine alternative
Me Karim Derbal a plaidé pour un sursis probatoire ou une peine aménageable, estimant que le bracelet électronique serait la peine idéale pour ce jeune « complètement paumé », qu'il considère plus comme un adolescent en crise que comme un délinquant endurci. Il a mis en garde contre la prison, qu'il qualifie d'« université du crime ».
Le tribunal a finalement condamné le dealer à 12 mois de prison, dont neuf avec sursis probatoire, avec maintien en détention, et une interdiction de paraître dans le Gard pendant trois ans. La présidente Baessa a parlé d'une peine aux allures d'électrochoc.



