Trois interpellations après l'agression d'une élue à Lyon
Trois interpellations après l'agression d'une élue

Trois hommes ont été interpellés vendredi dans l'agglomération lyonnaise dans le cadre de l'enquête sur l'agression d'un couple, dont Meriem Bouchedda, élue à Rillieux-la-Pape, et son compagnon, à la sortie du match de l'Olympique Lyonnais contre Le Havre le week-end dernier. Selon une source proche du dossier, les trois suspects, tous trentenaires et connus des services de police, ont été placés en garde à vue.

Le principal suspect reconnaît les violences

« Le principal mis en cause, âgé de 33 ans, connu pour diverses infractions notamment liées aux stupéfiants, reconnaît les violences » survenues samedi soir près du stade de l'OL à Décines-Charpieu, a ajouté cette source. Les faits se sont déroulés vers 00h15, après la fin du match contre Auxerre, lorsque le couple a été pris à partie par des personnes alcoolisées sortant d'un bar. La femme, élue de gauche dans une commune voisine, avait rapporté sur Facebook avoir essuyé des insultes racistes avant d'être frappée.

Une rixe entre supporteurs également enquêtée

Juste avant le match, deux autres personnes, dont un jeune homme de 17 ans, ont également été rouées de coups aux abords du stade. Cependant, « aucun élément à ce stade ne permet de lier les deux séquences », a précisé la source proche du dossier. Pour ces faits, survenus vers 20h45, « l'hypothèse privilégiée à ce stade est celle d'une rixe entre deux groupes de supporteurs antagonistes, qui pourraient s'être donnés rendez-vous », a-t-elle indiqué, évoquant une vingtaine de personnes de chaque côté.

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Le groupe de supporteurs Atypik, anciennement Six-Neuf Pirates, qui se définit comme « cosmopolite, populaire et ouvert à tous et à toutes », a publié un communiqué affirmant avoir été victime d'« un guet-apens aux abords des entrées du Groupama Stadium » de la part d'ultras, et précise s'être « défendu ». Selon la mère du jeune blessé, qui a témoigné dans plusieurs médias, celui-ci se trouvait avec des amis quand « plusieurs dizaines » de personnes, dont certaines encagoulées, les ont attaqués et roués de coups de pied et de poings.

Deux enquêtes ouvertes et dispositif policier renforcé

Le Parquet a confirmé avoir ouvert deux enquêtes pénales distinctes pour « violences aggravées suivies d'incapacité totale de travail supérieure à huit jours ». En raison de ces événements et « des tensions des derniers jours », le dispositif policier a été renforcé pour le match de Ligue 1 OL-Auxerre vendredi au stade de Décines. « Le préfet Étienne Guyot a décidé de déployer davantage de policiers et de mobiliser la CRS 83 », une unité mobile spécialisée dans les violences urbaines, ont précisé ses services.

La maire de Décines-Charpieu, Laurence Fautra (LR), a déclaré : « J'espère que l'OL va prendre la mesure des faits, prendra ses responsabilités et fera le ménage parmi ses supporters. On ne vient pas à Décines pour se défouler et tenir des propos racistes hors du temps ». Dans un communiqué lundi, le club a assuré qu'il ferait « preuve d'une tolérance zéro envers les violences, le racisme, le sexisme et l'ensemble des discriminations » et ajouté vouloir « se constituer partie civile aux côtés des victimes ».

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