Des membres d’associations de protection animale et des riverains ont manifesté mardi 18 août dans le quartier Saint-Mathieu de Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour dénoncer la mort de trois chats retrouvés dans un immeuble emmuré. Les cadavres ont été découverts en juin derrière un mur de béton érigé pour condamner l’accès à un bâtiment du centre-ville, au 2, rue des Dragons.
Des riverains alertent après des mois de silence
Les premiers signalements remontent au mois de juillet, lorsque des riverains ont alerté de la présence probable de chats derrière le mur. Une vidéo prise par l’association Au cœur de l’humanité 66, relayée par L’Indépendant, avait confirmé la présence d’au moins un félin mort par déshydratation et dénutrition. Depuis, la situation cristallise les tensions, et mardi, les associations ont de nouveau élevé la voix pour crier leur colère, rejointes par des habitants du quartier.
Derrière ce mur ont été retrouvés une chatte ainsi que les restes de ses deux petits. Selon Fatouma Miloud Hocine, vice-présidente de l’association Au cœur de l’humanité 66, les petits "qu’elle aurait sûrement mangés" car "affamée et désespérée". Sonia Zapata, présidente de l’association SOS Chats libres à Rivesaltes, a témoigné avec amertume : "On a été très choqués par le destin de cette pauvre chatte, on a décidé de l’appeler Martyre."
La mairie évoque un accès par le toit
Le directeur général des services à la mairie de Perpignan, Jean-Philippe Loubet, s’était exprimé le mois dernier après les premiers signalements. Il avait déclaré que de la nourriture avait été retrouvée à l’intérieur, suggérant que quelqu’un entrait pour nourrir les chats. "C’est donc qu’il y a quelqu’un qui rentre et qui les nourrit. C’est d’ailleurs là notre point d’interrogation. Mais les chats ont accès à ce bâtiment par la toiture. Ils rentrent et ils sortent, comme tous les chats. Ça arrive souvent", avait-il soulevé. Il avait également précisé qu’une porte fermée à côté de l’accès muré permettait aussi d’entrer.
Un riverain a exprimé mardi l’espoir "qu’à l’avenir, avant de condamner un bâtiment, ils vérifieront mieux la présence éventuelle d’animaux en installant des caméras thermiques pour détecter leurs mouvements par exemple". Cette suggestion vise à écarter toute éventualité d’autres morts.
Un précédent heureux en Dordogne
Toutes les histoires similaires ne finissent pas mal. À Lisle, en Dordogne, une jeune femme avait retrouvé mi-février 2024 son chat, perdu depuis un mois. Le félin s’était retrouvé emmuré vivant lors de travaux de terrassement sur le pavillon voisin, comme l’a raconté ici Périgord. Le petit "miraculé" avait survécu à ces quelques semaines sans soin. "Il a plu en janvier, j’imagine que l’eau qui a ruisselé lui a sauvé la vie", avait supputé sa maîtresse dans un entretien pour Sud-Ouest.
Les associations de protection animale et les riverains de Perpignan espèrent désormais que des mesures de vérification systématique seront mises en place avant toute condamnation de bâtiment pour éviter de nouvelles tragédies.



