Deux hommes et une femme, âgés de 30 à 51 ans, employés comme animateurs dans le périscolaire, seront présentés vendredi à un juge d'instruction pour des « gestes à caractère sexuel » présumés sur une vingtaine d'enfants fréquentant trois écoles parisiennes. L'enquête, ouverte suite à des signalements concernant les écoles Saint Dominique, Rapp et La Rochefoucauld dans le 7e arrondissement, avait conduit au placement en garde à vue de seize personnes mercredi, a indiqué le parquet de Paris jeudi soir.
Levée de garde à vue pour treize personnes
Le ministère public a ordonné la levée de la garde à vue de treize autres personnes, « à l'encontre desquelles, à ce stade et selon les comptes rendus effectués au parquet, il ne peut pas être retenu de charges suffisantes pour caractériser une infraction pénale ». Les trois individus qui seront présentés à un juge d'instruction vendredi « se voient reprocher des gestes à caractère sexuel ».
Une vingtaine d'enfants victimes
Le parquet va ouvrir une information judiciaire dont « le périmètre sera précisé vendredi, et portant sur des faits commis au préjudice d'une vingtaine d'enfants ». Au cours de la procédure, « 44 enfants ont été entendus » par la Brigade de protection des mineurs, ajoute le ministère public. Les parents « de tous les enfants se sont vus proposer pour leur enfant d'une part qu'il soit entendu par un expert psychologue afin de permettre un cadre d'audition complémentaire ». D'autre part, il leur a été proposé « un examen médico-légal - il a été tenu compte de leur avis pour y recourir ou non », poursuit le parquet.
Soutien aux familles
Une « magistrate, assistée de deux personnes », s'est consacrée « à temps plein, tout au long de cette semaine, à l'analyse de cette procédure ». Le parquet a également « sollicité Paris Aide aux Victimes afin que les parents de tous les enfants soient contactés dans la journée de vendredi, afin de devancer le rythme procédural ». Il s'agit aussi de « les informer de l'orientation adoptée concernant leur enfant, avant même que les avis officiels ne leur soient notifiés formellement dans les semaines ou mois à venir ».
Une centaine d'enquêtes dans les écoles maternelles
Par ailleurs, concernant les différentes enquêtes relatives à des faits « susceptibles d'avoir été commis dans le milieu scolaire ou périscolaire », le parquet de Paris dresse un nouvel état des lieux. « Une centaine d'enquêtes concernent les écoles maternelles, une vingtaine les écoles primaires, une dizaine les crèches », établit ainsi le ministère public. Une « vingtaine ont été classées ou transmises pour appréciation ». Le parquet a ouvert trois informations judiciaires, et trois personnes ont été mises en examen, dont l'une a été placée en détention provisoire. Cinq dossiers ont « été audiencés, dont un est en attente de délibéré ».
Réactions des associations et des élus
« Les investigations avancent enfin à la hauteur de la gravité des faits signalés », a réagi mercredi Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MetooEcole, rappelant que « pendant des mois, certaines familles ont eu le sentiment de ne pas être entendues ». « C'est un grand soulagement pour les familles de constater que la justice n'a pas renoncé à poursuivre les auteurs de ces abominations », a abondé Me Julien Roelens, avocat mandaté par les parents d'un élève de l'école maternelle Saint Dominique, épicentre des violences sexuelles dans le périscolaire, ayant porté plainte pour viols.
Cette « accélération des enquêtes » a été saluée mercredi par le nouveau maire PS Emmanuel Grégoire, qui a engagé début avril un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat. Mais le scandale continue de faire des vagues, après la révélation lundi par Le Parisien qu'un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles dans une école du 11e arrondissement avait déjà été placé en garde à vue en 2024 pour des faits similaires dans une autre école voisine. Emmanuel Grégoire a présenté mercredi des excuses pour la réembauche de cet agent.



