Une décision de justice suscite une vive polémique en Belgique. Mohamed Bakkali, condamné en France pour son rôle de « logisticien » dans les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et incarcéré en Belgique, va bénéficier de congés pénitentiaires. Le tribunal d'application des peines de Bruxelles lui a accordé six congés de 36 heures chacun. Il purge actuellement sa peine à la prison d'Ittre, au sud de la capitale belge.
Une décision sans appel possible
Le parquet de Bruxelles a précisé à l'AFP : « Le tribunal d'application des peines, sur avis contraire du parquet, a pris cette décision. Le parquet ne dispose pas du droit d'appel et la décision est ainsi définitive. Il appartient au directeur de la prison de la mettre en œuvre. » Cette situation a provoqué l'indignation d'une partie de la classe politique belge.
Un lourd passé judiciaire
En 2022, Mohamed Bakkali avait été condamné en France à 30 ans de réclusion pour son implication dans les attentats du 13 novembre 2015. Il est considéré comme le « logisticien » des attaques, ayant notamment fourni des planques et des véhicules aux auteurs. Il avait également été condamné à 25 ans de prison pour son rôle dans l'attentat manqué contre un Thalys entre Bruxelles et Paris le 21 août 2015.
Une « banalisation du terrorisme » dénoncée
Les congés pénitentiaires accordés à Mohamed Bakkali ont suscité l'indignation. Le député de droite Denis Ducarme (MR) a réagi jeudi en dénonçant une « banalisation du terrorisme ». Il a déclaré lors d'une séance plénière au Parlement : « Cette décision semble tourner le dos à la mémoire des victimes. »
La ministre de la Justice Annelies Verlinden a indiqué que « le tribunal de l'application des peines a en effet accordé à l'intéressé, sous des conditions très strictes, six congés pénitentiaires de 36 heures chacun sur la base d'un examen approfondi de son dossier. »
Mohamed Bakkali avait déjà bénéficié auparavant de permissions de sortie. Face à cette situation, la droite belge a l'intention de déposer une proposition de loi pour permettre au parquet de faire appel des décisions du tribunal d'application des peines dans les dossiers de « crimes terroristes ».



