Une trafiquante hispano-colombienne condamnée à 3 ans de prison ferme
Le tribunal judiciaire de Bayonne a rendu son verdict lundi 9 mars dans une affaire de trafic international de stupéfiants. Yenny Jasnneth Meza Duque, une ressortissante hispano-colombienne, a été condamnée à trois ans de prison ferme avec maintien en détention pour avoir transporté 33 kilos de kétamine entre les Pays-Bas et l'Espagne.
L'arrestation au péage de Biarritz
L'affaire remonte au 4 mars dernier, lorsqu'une patrouille des douanes de Biriatou a contrôlé la prévenue au péage de Biarritz. Un chien renifleur a rapidement détecté la présence de drogue dans la Fiat Punto qu'elle conduisait. Les douaniers ont découvert deux caches aménagées sous les sièges conducteur et passager, contenant 36 sachets thermocollés remplis de cristaux blancs.
L'analyse a confirmé qu'il s'agissait de kétamine, une drogue de synthèse dont la valeur sur le marché est estimée à 660 000 euros. Sous le siège passager, les agents ont également trouvé un couteau de cuisine de 20 centimètres.
Un réseau de trafic international
En garde à vue, Yenny Jasnneth Meza Duque a rapidement reconnu les faits. Elle a expliqué avoir effectué quatre voyages entre Alicante, où elle réside, et Amsterdam. Pour chaque transport, elle touchait 3 000 euros.
La prévenue a déclaré aux enquêteurs : « Je l'ai fait pour l'argent rapide. J'avais des dettes. Et je voulais mettre de l'argent de côté pour acheter du matériel pour une activité de massage. » Elle a également évoqué son souhait de faire venir son père de Colombie, qu'elle n'a pas vu depuis huit ans.
Le rejet de la thèse de la « mule »
Le tribunal n'a pas accrédité la défense qui présentait l'accusée comme une simple « mule », au bas de l'échelle du trafic. La présidente Helena Formond-Eskenazi a souligné : « Vous êtes une femme de confiance. »
L'analyse de son téléphone a révélé des échanges via des messageries cryptées avec des complices. La substitut du procureur Marie Hirigoyen a noté : « Vous ne faites pas que passer de la marchandise. Dans les conversations, vous proposez de trouver des acheteurs. Vous donnez des informations sur la cocaïne. »
Une peine sévère
Malgré les arguments de la défense qui présentait l'accusée comme une simple exécutante, le tribunal a estimé qu'elle jouait un rôle plus important dans le réseau. Me Maite Sargiacomo, l'avocate de la prévenue, a pourtant souligné que les échanges cryptés « font apparaître une voiture ouvreuse, avec trois hommes à son bord » qui donnaient des instructions à sa cliente.
Le verdict a été sans appel :
- 3 ans de prison ferme avec maintien en détention
- Interdiction du territoire français pendant 10 ans
- Amende douanière de 660 000 euros
Cette affaire met en lumière les méthodes sophistiquées des réseaux de trafic international qui opèrent entre l'Europe et l'Amérique du Sud, utilisant des voitures équipées de caches et des messageries cryptées pour échapper aux contrôles.



