Démantèlement d'un réseau de stupéfiants organisé depuis une cellule
Un vaste réseau de trafic de stupéfiants, orchestré depuis une cellule de la maison d'arrêt de Grasse, a été démantelé par les forces de l'ordre. Une opération policière d'envergure a permis la saisie de plus d'un million d'euros en liquide dans un bar-tabac du centre-ville de Nîmes, a annoncé la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, lors d'une conférence de presse jeudi.
Perquisition fructueuse
Lundi, une perquisition dans cet établissement bien connu des Nîmois a révélé la présence de 1 083 720 euros en numéraire et de 4,8 kilogrammes de cannabis. Les liasses de billets étaient dissimulées dans des caisses, des cartouches de cigarettes et des sacs de courses. Le parquet a précisé que neuf personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête.
Une organisation depuis la prison
L'enquête, menée par les gendarmes, a débuté en novembre 2025 après l'interception de conversations suggérant qu'un trafic de cocaïne et de cannabis était organisé depuis une cellule d'un établissement pénitentiaire du sud de la France. Ce trafic, actif depuis au moins 2023, opérait dans la région de Nîmes via des livraisons à domicile. Les livreurs passaient régulièrement par le bar-tabac, établissant un lien entre les gérants et le détenu suspecté d'être le cerveau de l'opération. Selon une source proche du dossier, le détenu gérait l'ensemble du réseau depuis la maison d'arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
Saisies et mises en examen
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi des outils de conditionnement de stupéfiants, notamment des sachets, des capsules, une presse, ainsi que de la cocaïne et 1 500 euros. À l'issue des gardes à vue, quatre personnes ont été mises en examen avec mandat de dépôt, dont le cerveau présumé, déjà condamné à quatre ans de prison en 2023 pour des faits liés aux stupéfiants. Trois autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire. La procureure n'a pas fourni de détails sur les modalités précises d'organisation du trafic depuis la prison.
Question de blanchiment
Le gérant du bar-tabac et son épouse contestent les accusations de blanchiment et nient toute implication dans le trafic de stupéfiants. Ils affirment que les sommes découvertes proviennent d'économies accumulées sur plusieurs années. La procureure a souligné que l'enquête devra déterminer si l'argent suspecté d'être blanchi provient effectivement du trafic de drogue ou d'autres sources illicites. Le couple était entendu par le juge d'instruction au moment de la conférence de presse et devrait être mis en examen et placé en détention prochainement. Le bar-tabac, mis en examen en tant que personne morale, a été fermé.



