Une vingtaine de perquisitions ont été menées dans plusieurs départements français, dont le Var, et quatre personnes ont été interpellées près de Barcelone dans le cadre d’une enquête sur un trafic de déchets dangereux entre la France et l’Espagne. L’opération, coordonnée par les autorités judiciaires des deux pays, a été annoncée ce vendredi par Europol et le parquet de Marseille.
Une opération d’envergure européenne
L’opération s’est déroulée les 23 et 24 juin, mobilisant une centaine d’enquêteurs de divers services, dont l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP). Les soupçons portent sur des transferts illicites de déchets issus de chantiers de BTP en France vers la Catalogne. Depuis 2022, des milliers de camions chargés de matières suspectes auraient transité vers la région de Barcelone.
Des déchets dangereux enfouis illégalement
Selon Europol, « les enquêteurs pensent que les camions transportaient d’importantes quantités de mousse broyée, de papier, d’isolant, de carton, de polystyrène, de bois, de plastique et d’autres matières dangereuses, dont certaines potentiellement cancérigènes ». En Espagne, ces déchets ont été enfouis illégalement, contaminant les sols, les nappes phréatiques et les terres agricoles.
Trois filières d’approvisionnement
Une société située dans la province de Barcelone est soupçonnée d’avoir eu « recours notamment à trois filières distinctes d’approvisionnement de déchets en provenance de la France, au profit de plusieurs sociétés implantées dans le Var, en Haute-Corse et en Haute-Savoie », précise le parquet de Marseille. En France, trois informations judiciaires ont été ouvertes le 10 février 2026 à Marseille.
Falsification de documents et fraude fiscale
« Les sociétés françaises impliquées sont notamment suspectées d’avoir, à compter de 2024, exporté de manière illicite des déchets de construction et de démolition en falsifiant des documents relatifs à leur classification », indique le parquet. Ces faux documents auraient permis de contourner la réglementation sur l’information et le consentement des autorités compétentes, ainsi que d’échapper au paiement de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).
Des profits illicites de plusieurs millions d’euros
Selon Europol, « cette activité a généré plusieurs millions d’euros de profits illicites ». Outre les arrestations en Espagne, les autorités ont saisi du matériel informatique et une importante quantité de documents dans les vingt lieux ciblés en France et dans quatre autres en Espagne.



