Un trafic de stupéfiants aux motivations familiales
Un père de famille âgé de 31 ans a été interpellé par les policiers de la brigade anticriminalité de Béziers le vendredi 27 février dernier. L'arrestation a eu lieu alors qu'il venait de vendre de la cocaïne à un consommateur régulier, dans la rue Tourventouse de la ville héraultaise.
Une affaire peu rentable
Devant le tribunal correctionnel de Béziers, le prévenu a expliqué ses motivations financières. Il cherchait à réunir entre 3 000 et 6 000 euros pour organiser un baptême digne de ce nom pour son fils de trois ans. Pourtant, son modèle économique s'avérait particulièrement déficitaire : il achetait la cocaïne à 75 euros le gramme pour la revendre seulement 50 euros.
Lors de la perquisition de son domicile, les forces de l'ordre ont découvert 430 euros en espèces ainsi que 80 grammes de poudre blanche. Quelques instants avant cette intervention, les mêmes policiers avaient interpellé un consommateur qui venait de s'approvisionner chez ce trafiquant.
Une défense peu convaincante
Lors de l'audience du lundi 2 mars, le prévenu est apparu détendu devant la cour, saluant les nombreux membres de sa famille présents dans la salle. "Je n'ai fait ça que parce que j'ai besoin d'argent pour payer le baptême de mon fils", a-t-il déclaré aux magistrats.
Il a précisé son mode opératoire : "Je l'achète sur Telegram, un livreur me le porte et je le vends. Je me faisais entre 50 et 100 euros par jour. J'en consomme aussi un peu." Cette dernière révélation a particulièrement nui à sa crédibilité lorsqu'il a admis consommer environ deux grammes de cocaïne par jour.
Le réquisitoire du procureur
Le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, a fermement contesté la version des faits présentée par le prévenu. "Il s'agit, ni plus ni moins, d'un trafiquant", a-t-il insisté, soulignant que ce commerce illicite durait depuis plus de trois mois.
Selon les calculs du parquet, cette activité aurait généré environ 6 000 euros de bénéfices sur cette période. "Il doit arrêter de se moquer du monde", a ajouté le magistrat, requérant trois ans d'emprisonnement et 10 000 euros d'amende, ainsi que le maintien en détention.
La plaidoirie de la défense
Me Eric Guilhabert, avocat du prévenu, a tenté de contextualiser le dossier. "Il ne comprend pas tout. C'est un père de cinq enfants qui ne sait ni lire ni écrire", a-t-il expliqué, précisant que son client n'avait jamais travaillé de sa vie.
L'avocat a minimisé l'ampleur du trafic : "Ce n'est pas un trafic énorme. C'est juste un petit gitan qui deale pour financer sa consommation." Il a suggéré que des mesures éducatives, comme l'apprentissage de la lecture, pourraient être plus appropriées qu'une nouvelle incarcération.
Le verdict final
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné le prévenu à trois ans de prison ferme ainsi qu'à 10 000 euros d'amende. Le consommateur interpellé peu avant le trafiquant, qui était détenu au quartier de semi-liberté de Béziers, devra quant à lui retourner en prison.
Cette affaire illustre les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontées certaines familles, même si le recours au trafic de stupéfiants ne constitue évidemment pas une solution acceptable aux yeux de la justice.



