Trafic de civelles : six personnes mises en examen à Bayonne pour exportation illégale
Dans le cadre d'une vaste enquête, six personnes ont été mises en examen par le parquet de Bayonne, ce jeudi 12 mars. Elles sont soupçonnées d'avoir collecté et exporté illégalement deux tonnes de civelles, d'une valeur estimée à 600 000 euros. Les individus avaient mis en place un système sophistiqué permettant de contourner la réglementation stricte sur la traçabilité du poisson, selon les autorités judiciaires.
Une enquête approfondie et des interpellations coordonnées
Les six ressortissants français ont été interpellés mardi, dans le cadre d'une enquête menée par le Pôle régional environnemental du tribunal judiciaire de Bayonne. Deux autres suspects ont également été interpellés par la Guardia Civil en Espagne, en coordination avec Europol, avec des perquisitions menées simultanément. Le parquet de Bayonne avait ouvert une information judiciaire le 5 mars, révélant l'ampleur de ce trafic organisé.
Selon la procureure de la République à Bayonne, Mariel Garrigos, le trafic était orchestré par un collecteur basé dans les Landes, qui travaillait officiellement pour un mareyeur installé sur le territoire national. Ils auraient contourné la réglementation en alternant délibérément entre des civelles pêchées par des professionnels et des civelles braconnées, a-t-elle précisé dans un communiqué.
Des chiffres alarmants et des accusations graves
Depuis deux ans, les suspects auraient collecté et transporté clandestinement plus de deux tonnes de civelles non traçables vers le mareyeur français, son employeur, et un autre mareyeur espagnol. Le nombre de civelles illégalement exporté est estimé à 7 millions de spécimens, représentant une valeur marchande de 600 000 euros.
Les six individus ont été mis en examen pour plusieurs chefs d'accusation, notamment :
- Participation à une association de malfaiteurs
- Détention ou transport non autorisé en bande organisée d'animal d'espèce non domestique
- Cession non autorisée en bande organisée d'animal d'espèce non domestique
- Exportation ou réexportation non autorisée en bande organisée d'animal d'espèce non domestique
- Faux et usage de faux
Dans le cadre de leur contrôle judiciaire, ils ont l'interdiction d'exercer toute activité de pêche. L'un d'eux a dû déposer une caution substantielle de 100 000 euros.
Une espèce en danger critique d'extinction
L'information judiciaire se poursuit afin de déterminer les niveaux de responsabilité, préciser l'ampleur du trafic et évaluer le montant du préjudice. La civelle est une espèce en danger critique d'extinction, rigoureusement réglementée par l'Union européenne et à haute valeur marchande. Pour le Pôle régional environnement de Bayonne, il s'agit d'une des plus importantes affaires instruites depuis sa création en 2021.
L'enquête a mobilisé de multiples acteurs, notamment :
- L'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP)
- Des services de l'Office français de la biodiversité (OFB)
- Des gendarmes de la Section de recherches de Pau
- Le Groupement de gendarmerie départementale des Pyrénées-Atlantiques
Cette affaire met en lumière les défis persistants de la lutte contre le braconnage et le trafic d'espèces protégées, soulignant l'importance de la coopération internationale et des mécanismes de traçabilité pour préserver la biodiversité.



