Le tribunal d'Alès, dans le Gard, a ouvert ce mardi le procès d'un vaste réseau de contrebande de cigarettes. Douze prévenus sont jugés pour détention et vente frauduleuse de tabac en bande organisée. L'affaire, qui a débuté en mars 2024, a permis la saisie de 55 000 paquets de cigarettes et plus de 47 000 euros en espèces.
Un réseau structuré aux méthodes proches du narcobanditisme
L'enquête a débuté avec la découverte d'un compte Snapchat proposant des cigarettes à des prix très bas. Des cartons de 50 cartouches, soit 500 paquets, étaient vendus 1 150 euros. Le principal prévenu, originaire des Salles-du-Gardon, a reconnu être à l'origine de cette activité. Il affirme avoir agi seul, mais le tribunal a mis en lumière une organisation plus complexe.
Le président du tribunal, Vincent Edel, a décrit une activité intense reposant sur plusieurs intervenants. Des grossistes, des revendeurs et des convoyeurs étaient impliqués. Ces derniers acheminaient la marchandise depuis la Belgique jusqu'à Nîmes, Alès et Arles. Les prévenus ont souvent minimisé leur rôle, mais les preuves montrent des déplacements fréquents et des sommes importantes.
Des profils fragiles et un préjudice lourd
L'examen des personnalités révèle des parcours précaires. Le principal prévenu, atteint d'un cancer du sang, de tachycardie et de diabète, ne peut pas travailler. Il a déclaré : "C'est le manque d'argent qui m'amène devant vous." Un convoyeur sans domicile fixe a confié : "La seule main qui était tendue vers moi, c'était ça."
Les parties civiles, représentant le groupe Philip Morris, ont chiffré leur préjudice à plusieurs dizaines de milliers d'euros, évoquant une atteinte à leur réputation. Au total, 47 000 euros en espèces ont été saisis.
La suite du procès
Après une première journée consacrée à l'instruction, les avocats plaideront ce mercredi. Trois prévenus absents ont fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Le procès doit se poursuivre avec les réquisitions de la procureure et les plaidoiries de la défense.



