Trafic de cannabis Espagne-Hérault : une ouvreuse condamnée à un an sous bracelet
Trafic cannabis: une ouvreuse condamnée à un an sous bracelet

Treize ans après les faits, une femme aujourd'hui âgée d'une trentaine d'années comparaissait devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour son implication dans un trafic de stupéfiants d'environ 30 kg de cannabis, entre l'Espagne et le sud de la France. Seule à la barre, elle a reconnu avoir participé à plusieurs convois en qualité d'ouvreuse, chargée de signaler d'éventuels contrôles de douanes aux autres membres du réseau.

Une enquête ouverte en 2013

À l'origine du dossier, une enquête ouverte après plusieurs surveillances réalisées en mai et juin 2013. Les investigations visent alors un trafic de cannabis organisé entre l'Espagne et plusieurs communes de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales, notamment dans le secteur du Perthus et du Boulou. Les enquêteurs observent de nombreux allers-retours de véhicules de part et d'autre de la frontière et relèvent des contacts réguliers avec des numéros espagnols. Selon la procédure, les déplacements s'effectuent à l'aide de plusieurs véhicules, avec un système d'ouvreurs et de suiveurs destiné à sécuriser les trajets. Les enquêteurs recenseront au total une cinquantaine de voyages sur la période visée par les poursuites, entre mai 2013 et juillet 2014.

Interpellations et découvertes en 2015

En 2015, plusieurs personnes de la famille soupçonnées de participer au trafic sont interpellées. Les perquisitions menées dans le cadre de l'enquête conduisent à la découverte de stupéfiants, d'importantes sommes d'argent liquide, de téléphones portables ainsi que plusieurs armes et munitions. Les investigations mettent également au jour une culture de 1 300 pieds de cannabis à proximité du domicile de la famille.

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Le rôle de l'ouvreuse

Seule prévenue à comparaître lors de cette audience, Claudia G. devait répondre de plusieurs infractions liées au trafic de stupéfiants, à l'importation et au transport de cannabis ainsi qu'à des infractions douanières. À la barre, la jeune femme n'a pas contesté avoir participé à certains trajets. Elle a reconnu avoir occupé le rôle d'ouvreuse lors de convois entre l'Espagne et la France. Une mission consistant à circuler en amont afin de signaler la présence éventuelle des forces de l'ordre ou des douaniers. "Pour ne pas me retrouver dehors, j'ai accepté. Mes parents m'ont mise là-dedans et mon ex-conjoint aussi m'obligeait. Je devais prévenir s'il y avait les douaniers", a-t-elle expliqué devant le tribunal. Âgée d'une vingtaine d'années au moment des faits, elle a indiqué avoir agi sous l'influence de son entourage familial et de son ancien compagnon, également cité dans le dossier. Elle a aussi reconnu avoir conduit à de nombreuses reprises alors qu'elle ne possédait pas le permis de conduire. La prévenue a exprimé ses regrets. "Je suis vraiment désolée d'avoir accepté d'être ouvreuse", a-t-elle déclaré.

Condamnation et pénalités douanières

Déjà condamnée par le passé pour vols en réunion, elle avait fait l'objet d'un premier jugement en octobre 2015. Absente à l'audience, un mandat d'arrêt avait été délivré à son encontre. Après avoir formé opposition, elle comparaissait de nouveau devant la juridiction correctionnelle. Le représentant de l'administration des douanes a réclamé une pénalité de 92 000 euros en lien avec le trafic reproché. Au terme des débats, le tribunal a prononcé la relaxe de Claudia pour certains chefs de prévention, notamment concernant l'acquisition et la détention de stupéfiants, ainsi que pour une partie de la période poursuivie. En revanche, elle est reconnue coupable du surplus des faits liés au transport de stupéfiants. Elle a été condamnée à douze mois d'emprisonnement aménagés sous la forme d'une détention à domicile sous surveillance électronique. Une peine qu'elle exécutera sous bracelet électronique. Elle devra également s'acquitter solidairement avec les autres personnes condamnées dans ce dossier de la somme de 92 000 euros réclamée par les douanes.

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