Tournée de Patrick Bruel : des maires exigent l'annulation des concerts
Tournée Bruel : des maires exigent l'annulation

Alors que Patrick Bruel doit entamer une tournée de 35 dates début octobre, plusieurs maires de villes françaises, de Chartres à Montpellier, ont publiquement demandé l'annulation de ses concerts. Le chanteur de 67 ans est mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles et visé par une trentaine de plaintes pour viol et agression sexuelle.

Le maire de Chartres refuse la tenue du concert

Le maire de Chartres, Ladislas Vergne (DVD), a déclaré sur RTL : « Hors de question que Patrick Bruel, dans ces conditions, vienne à Chartres ». L'artiste est attendu dans cette ville d'Eure-et-Loir le 2 octobre pour le premier concert de la tournée. Ladislas Vergne a précisé : « Il n'y a eu ni contrat signé, ni argent versé, il n'y a eu aucun engagement pris de la part de la ville ». Décrivant sur BFM-TV « un énorme malaise à Chartres », il a également appelé « la société de Patrick Bruel [à prendre] ses responsabilités ». Il a affirmé : « Il ne nous semble pas envisageable de maintenir cette date à la fois pour laisser la justice travailler sereinement et par respect pour la parole des victimes potentielles. Ce concert n'aura pas lieu ».

Une vague de rejets dans plusieurs municipalités

Ladislas Vergne n'est pas le premier édile à s'opposer à la venue du chanteur. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, avait demandé publiquement dès le 20 mai à Patrick Bruel de renoncer à sa tournée. D'autres ont suivi, notamment les maires de Marseille (Bouches-du-Rhône), Lyon (Rhône), Nancy (Meurthe-et-Moselle), Reims (Marne), Laval (Mayenne) et Brest (Finistère).

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Le maire de Brest, Stéphane Roudaut, a estimé sur TF1 que la présomption d'innocence « n'autorise pas le silence, et notamment le silence des consciences ». Le maire Les Ecologistes de Tours, Emmanuel Denis, réclamant l'annulation de la date prévue, a déclaré par la voix de son cabinet à BFM-TV que « maintenir ce concert alors que de telles accusations s'accumulent reviendrait à ignorer la parole de très nombreuses femmes et à minimiser la gravité des faits reprochés », tout en disant « respecter la présomption d'innocence ».

À Montpellier, Michaël Delafosse a écrit sur son compte X que Patrick Bruel « n'est pas le bienvenu à Montpellier ». Il ajoute : « Nous sommes du côté des femmes qui courageusement prennent la parole ». Il écrit également : « S'il appartient à la justice, dans le respect des droits de la défense, de déterminer les suites des plaintes déposées à l'encontre de Patrick Bruel, les paroles des femmes qui ont déposé plainte doivent être entendues. Elles relatent un comportement de prédateur sexuel, faisant de lui un véritable Docteur Jekyll et Mister Hyde ».

Des positions contrastées et une décision préfectorale

À Caen (Calvados), où une date est prévue le 19 octobre, le maire divers droite Aristide Olivier a prévenu dans un communiqué transmis vendredi à BFM-TV qu'il serait « particulièrement attentif aux conditions dans lesquelles se dérouleront les concerts programmés avant celui de Caen », ajoutant qu'il prendrait « toutes les mesures nécessaires » en cas de « risque avéré de trouble à l'ordre public ». Il avait déjà invité en mai Patrick Bruel à « se mettre en retrait de toute vie publique ».

D'autres mairies ont refusé d'appeler à l'interdiction des concerts, comme à Toulouse, où le maire Jean-Luc Moudenc, sans étiquette mais soutenu par la droite et Renaissance, n'a pas souhaité l'annulation de la date prévue au Zénith, invoquant la présomption d'innocence. Idem pour la mairie LR de Limoges. Ces prises de position n'ont qu'une portée symbolique : les maires ne peuvent pas empêcher la tenue d'un concert, cette décision revenant aux préfets, qui peuvent décider d'une interdiction en invoquant un risque de trouble à l'ordre public. Aucune décision en ce sens n'a été prévue pour le moment.

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Mobilisation et maintien de la tournée

Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles et a été placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres. Fin juillet, son contrôle judiciaire a été assoupli à sa demande pour l'autoriser à quitter le territoire français, une décision dont le parquet a fait appel. Du 2 octobre au 21 novembre, il doit partir en tournée pour célébrer les 35 ans de l'album « Alors regarde », avec 35 dates dans les plus grandes salles françaises, dont le Zénith de Paris. S'il avait annulé fin mai tous ses concerts jusqu'en septembre, il n'entend pas faire de même cette fois : le magazine « Voici » affirme qu'il a bien l'intention de maintenir sa tournée d'automne, dans une « posture de combat », ayant « constaté un regain d'engagement de la part de ses admirateurs sur les réseaux sociaux ».

D'ici l'automne, les appels à la mobilisation, émanant notamment de collectifs féministes, se poursuivent. Fin mai, des associations s'étaient déjà rassemblées devant le théâtre Édouard-VII contre la présence de Patrick Bruel dans une pièce, et le théâtre avait finalement annulé plusieurs représentations.