Un drame touristique dans le désert tchadien
Le touriste français porté disparu depuis mercredi soir dans le nord-est du Tchad a été retrouvé mort, ont annoncé ce vendredi les autorités locales. Ce retraité de 70 ans, originaire de Dijon selon le journal Le Bien Public, faisait partie d'un groupe visitant le pays dans le cadre du Festival des Cultures sahariennes (Ficsa).
Une sortie non autorisée aux conséquences tragiques
Le septuagénaire et un ami français avaient quitté leur groupe mercredi matin « sans autorisation préalable » et « en dehors du dispositif d'encadrement établi », précise un communiqué du ministère tchadien du Tourisme. Ils souhaitaient découvrir la zone du Guelta de Bachikele, une oasis du massif de l'Ennedi, sans guide accompagnateur.
Le ministre tchadien de la Culture et du tourisme, Abakar Rozzi Teguil, a indiqué : « Nous avons retrouvé le corps sans vie dans les montagnes de Bachikele, et attendons le procureur pour qu'il fasse le constat avant toute évacuation sur N'Djamena ». Il a évoqué une « chute », sans fournir davantage de détails sur les circonstances exactes du décès.
Des recherches intensives mais vaines
L'absence des deux hommes a été remarquée en début d'après-midi mercredi, déclenchant immédiatement des opérations de recherche. Après deux heures, le compagnon du défunt a été retrouvé. Celui-ci a expliqué s'être « égaré » après avoir tenté de « dissuader son compagnon de poursuivre sa progression ».
Les recherches se sont intensifiées avec la mobilisation de moyens considérables :
- Des équipes à moto et en 4×4
- Des recherches à dos de chameau
- L'utilisation de drones
- Un avion de reconnaissance de l'armée tchadienne
Un contexte touristique particulier
Le défunt faisait partie d'un groupe d'une cinquantaine de touristes venus au Tchad via un séjour organisé par l'agence française Point Afrique et l'association culturelle La Saharienne. Le festival Ficsa, ouvert samedi à Amdjarass, avait attiré de nombreux visiteurs et responsables pour assister à des concerts et représentations de danse d'artistes tchadiens et de pays voisins.
Mahamat Togou Tchohimi, représentant local de l'État tchadien, a assuré que « la zone est sécurisée », tout en reconnaissant qu'elle reste « formellement déconseillée » par le ministère français des Affaires étrangères, qui la classe en zone rouge. Cette tragédie survient malgré les mises en garde officielles et les dispositifs de sécurité établis pour les participants au festival.
Le Guelta de Bachikele, situé à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Soudan en guerre, représente un site naturel remarquable mais particulièrement dangereux pour les visiteurs non accompagnés. Cette affaire souligne les risques encourus par les touristes qui s'aventurent hors des circuits sécurisés dans des environnements désertiques hostiles.



