Togo : deux journalistes français libérés sous contrôle judiciaire
Togo : journalistes français libérés

Les deux journalistes français détenus au Togo depuis fin juillet, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont obtenu une liberté provisoire mercredi 2 août à Lomé, a appris l'AFP auprès de leur avocat. Cette décision met fin à plusieurs semaines de détention qui avaient ravivé la crise diplomatique entre Paris et Lomé.

Une arrestation lors d'un tournage pour France Télévisions

Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo, où ils tournaient un épisode de l'émission « Les Routes de l'Impossible », une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Ils ont été inculpés le 17 août pour « fausses déclarations » liées à leurs visas et à l'usage d'un drone dans une zone sous tension sécuritaire. Sebastian Perez Pezzani, malade, avait été le premier à être libéré fin août, sous contrôle judiciaire, pour suivre des soins à Lomé.

Le directeur général de Tony Comiti Productions, société avec laquelle travaillaient les réalisateurs, avait assuré qu'ils étaient « en règle », précisant que Gaël Mocaër et Sebastian Perez « ont obtenu une autorisation de tournage » auprès du ministère de la Culture le 19 juin et « déclaré leur matériel à la douane ».

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Les autorités togolaises contestent la régularité du tournage

Le régulateur togolais des médias avait affirmé dans un communiqué qu'il « n'a été saisi d'aucune demande d'accréditation concernant ces deux personnes, ni par France Télévisions, ni par les intéressés eux-mêmes, comme le prévoient les textes ». La Haute Autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) togolaise a également indiqué ne pas avoir été « informée de l'arrivée sur le territoire des deux personnes dont elle ignore le statut professionnel, ni des activités de tournage qu'elles devraient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays ».

Une source ministérielle à Lomé a précisé au Monde : « Ils ne se sont pas présentés en qualité de journalistes et leur fixeur n'avait pas mentionné leur identité et profession comme faisant partie d'une équipe de tournage ». Les deux hommes se seraient également « livrés à des dissimulations sur leur lieu de résidence » et n'auraient pas été interpellés « dans les localités où le tournage était censé se dérouler ». Des accusations niées par les principaux intéressés.

Un contexte de tensions diplomatiques

Le Togo, dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, figure à la 97e place sur 180 pays au classement annuel de la liberté de la presse de RSF. En juin 2025, Radio France internationale et France 24 ont été interdites d'antenne pour trois mois, accusées d'avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations critiques envers le pouvoir. Ces médias français ne peuvent toujours pas émettre, selon un journaliste de l'AFP.

En avril, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait déclaré à l'AFP avoir plaidé pour la levée de leur suspension lors d'une visite au Togo, le premier déplacement officiel français de si haut niveau depuis dix ans. Selon L'Alternative, le média indépendant togolais qui a révélé l'arrestation des trois hommes, le président Faure Gnassingbé aurait souhaité échanger les deux journalistes français contre Ferdinand Ayite, journaliste d'investigation togolais lauréat du Prix international de la liberté de la presse en 2023 et réfugié à Paris depuis trois ans.

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