Le propriétaire d’un zoo privé situé dans la province de Chonburi, dans l’est de la Thaïlande, a refusé l’entrée à un groupe de touristes israéliens, suscitant une vive polémique dans le pays et au-delà. L’incident, survenu le 17 août 2026, a été relayé par les médias locaux et a rapidement enflammé les réseaux sociaux.
Un refus d’entrée justifié par des expériences passées
Selon le propriétaire du zoo, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat dans la presse thaïlandaise, la décision de refuser l’accès aux visiteurs israéliens repose sur des incidents antérieurs. Il affirme que des touristes israéliens auraient, par le passé, malmené les animaux et perturbé le fonctionnement du parc. « Nous avons eu des problèmes avec certains groupes. Ils ne respectaient pas les règles, ils criaient, ils touchaient les animaux sans autorisation », a-t-il déclaré au journal Khaosod.
Le zoo, qui n’a pas été nommé dans les articles, est un établissement privé qui ne relève pas des autorités nationales de protection animale. Le propriétaire a précisé que sa décision était une mesure de précaution, et non un acte de discrimination systématique. « Ce n’est pas contre tous les Israéliens, mais après plusieurs mauvaises expériences, j’ai choisi d’interdire l’entrée à ceux qui viennent en groupe », a-t-il ajouté.
Une réaction diplomatique et des accusations de racisme
L’ambassade d’Israël en Thaïlande a rapidement réagi, qualifiant cette décision de « discriminatoire et inacceptable ». Dans un communiqué publié le 18 août, elle a appelé les autorités thaïlandaises à enquêter sur cet incident et à garantir que tous les touristes, quelle que soit leur nationalité, soient traités de manière égale. « Nous attendons des autorités qu’elles prennent les mesures nécessaires pour que ce genre de comportement ne se reproduise pas », a déclaré un porte-parole de l’ambassade.
Sur les réseaux sociaux, la polémique a pris une ampleur considérable. De nombreux internautes thaïlandais ont exprimé leur soutien au propriétaire du zoo, partageant des anecdotes similaires sur le comportement de certains touristes étrangers. D’autres, en revanche, ont dénoncé une généralisation abusive et un acte de racisme pur et simple. « Refuser l’entrée à tous les Israéliens à cause de quelques-uns, c’est du racisme, point », a commenté un utilisateur sur X (anciennement Twitter).
Une situation juridique floue en Thaïlande
En Thaïlande, la législation sur la discrimination dans les établissements privés est relativement floue. Si la Constitution thaïlandaise interdit les discriminations fondées sur la race, la religion ou l’origine nationale, les établissements privés, comme les zoos ou les restaurants, disposent d’une certaine marge de manœuvre pour refuser l’entrée à des clients, à condition de ne pas enfreindre les lois sur l’ordre public ou la sécurité.
Interrogé par le Bangkok Post, un avocat spécialisé dans les droits civils a expliqué que « le propriétaire d’un zoo privé peut fixer ses propres conditions d’accès, mais il ne peut pas le faire sur la base de la nationalité ou de l’origine ethnique, car cela constituerait une discrimination illégale ». Toutefois, aucune plainte officielle n’a encore été déposée auprès des autorités thaïlandaises, et l’affaire n’a pas donné lieu à des poursuites judiciaires pour le moment.
Le ministère thaïlandais du Tourisme a indiqué qu’il suivait la situation de près, mais n’a pas encore pris de position officielle. Le tourisme israélien en Thaïlande est important : en 2025, plus de 200 000 visiteurs israéliens ont été recensés, selon les chiffres de l’Office du tourisme thaïlandais. L’incident pourrait avoir un impact sur cette fréquentation, même si les autorités espèrent une résolution rapide du conflit.



