Deux individus ont été arrêtés jeudi 19 juin 2025 à Nîmes, dans le Gard, et mis en examen dans le cadre d'une enquête pour tentative d'assassinat visant un réfugié politique laotien. Les faits se sont déroulés quelques jours plus tôt à Pau, où la victime a été poignardée à plusieurs reprises.
Les circonstances de l'agression
Le samedi 14 juin, vers midi, sur un boulevard de Pau, Joseph Akaravong, un réfugié laotien âgé d'une trentaine d'années, a été attaqué au couteau. Il a reçu trois coups, dont un au niveau du cou, qui ont nécessité son hospitalisation. La victime, qui a obtenu l'asile politique en France en 2022 après avoir fui son pays en 2018, est connue pour son activisme en ligne contre les violations des droits de l'Homme au Laos.
L'arrestation des suspects
Le principal suspect, qui avait pris la fuite après l'agression, a été interpellé à Nîmes trois jours plus tard, soit le mardi 17 juin. Lors de cette opération, trois autres personnes ont également été arrêtées, mais deux d'entre elles ont été relâchées le mercredi suivant, leur garde à vue ayant été levée. Le mis en cause principal a été placé en détention provisoire, tandis que son complice présumé a été soumis à un contrôle judiciaire.
Les déclarations du parquet
Le procureur de la République de Pau, Rodolphe Jarry, a communiqué sur l'affaire, précisant que les deux mis en examen contestent leur participation aux faits. Leur mobile n'a pas encore été déterminé par la police judiciaire de Bayonne, chargée de l'enquête. Le magistrat a indiqué que les investigations se poursuivent sous l'égide du juge d'instruction et qu'aucune information supplémentaire ne sera divulguée pour préserver le bon déroulement de la procédure.
Le profil de la victime
Joseph Akaravong est un militant politique laotien très actif sur les réseaux sociaux, où il compte plus de 600 000 abonnés sur Facebook. Il dénonce régulièrement les violations des droits de l'Homme dans son pays d'origine et a notamment accusé le gouvernement laotien de corruption, pointant du doigt sa responsabilité dans l'effondrement meurtrier d'un barrage en 2018. Après avoir vécu en Thaïlande sous la protection de l'ONG Manushya Foundation, il a obtenu l'asile en France et résidait discrètement à Pau.
Selon Émilie Palamy-Pradichit, fondatrice de l'ONG Manushya, la victime est l'une des voix les plus influentes de la diaspora laotienne et serait une cible du gouvernement laotien depuis longtemps. Elle a également souligné que Joseph Akaravong faisait régulièrement l'objet de menaces et d'attaques en ligne. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de cette tentative d'assassinat et l'éventuel mobile des suspects.



