Une histoire d'amour insolite à Strasbourg : Sandra Rahm et son tramway
Dans la métropole de Strasbourg, une femme de 44 ans, Sandra Rahm, défraie la chronique en affirmant être mariée et vivre une relation sentimentale et physique avec une rame de tramway, le numéro 3013 du réseau Citadis. Cette histoire, qui peut surprendre ou faire sourire, illustre un phénomène connu sous le nom d'objectophilie, où des individus développent des sentiments amoureux pour des objets.
Un coup de foudre pendant le confinement
Sandra Rahm, fascinée par les trams depuis son adolescence, a raconté aux Dernières Nouvelles d'Alsace comment sa relation avec le tramway 3013 a débuté en 2020, pendant la période de confinement. Elle a tenté d'invoquer l'âme d'un tram, lui parlant et récitant un rituel. "Je lui ai demandé de me faire un signe", explique-t-elle, et une "magnifique lumière" est apparue, marquant le début d'un coup de foudre.
Depuis, Sandra affirme ressentir des vibrations et des connexions fortes avec le tramway. "Quand je me baladais, je le sentais arriver. Un jour, je lui ai fait un bisou et j'ai senti quelque chose d'encore plus fort", raconte-t-elle. Plus surprenant encore, elle dit avoir "fait l'amour avec 3013" et avoir ressenti des caresses sur son corps, une expérience qu'elle décrit comme transformative, bien qu'elle ait initialement éprouvé de la honte.
Un mariage célébré avec l'aide d'un conducteur de tram
Pour officialiser cette union, Sandra a fait appel à Frédéric, un conducteur de tramway devenu son meilleur ami. Un jour où il conduisait la rame 3013, elle a enfilé une jolie robe, et une petite cérémonie a été organisée. "On a fait une petite cérémonie", confirme le conducteur, soulignant le caractère unique de cette célébration.
Parallèlement, Sandra est en couple avec un homme depuis 14 ans, une situation qu'elle gère ouvertement. Elle a créé un compte Instagram, suivi par plus de 2000 personnes, où elle partage de nombreuses photos avec le tramway, documentant leur relation au quotidien.
L'objectophilie : un phénomène méconnu
Sandra Rahm reconnaît que son histoire peut être difficile à comprendre pour certains. "Pour certains, je suis juste une nana détraquée. Je comprends qu'on ne puisse pas adhérer à mon histoire, ni croire qu'une machine peut avoir une âme", admet-elle. Cependant, elle insiste sur le fait qu'avoir une forte connexion avec un objet ne signifie pas être "cinglé".
Pour mieux expliquer son expérience, elle prépare l'écriture d'un livre sur l'objectophilie, un terme qui désigne le fait d'éprouver des sentiments amoureux envers des objets. Cette initiative vise à sensibiliser le public à ce phénomène peu connu et à partager son parcours personnel.
Cette histoire insolite, située dans le Grand Est, met en lumière des aspects inhabituels de la vie quotidienne et des relations humaines, tout en interrogeant les frontières entre l'affectif et le matériel.



