Près de 250 personnes se sont réunies ce lundi 8 juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Grasse, répondant à l'appel du collectif Nous Toutes 06. Ce rassemblement, cinq fois plus important que prévu, visait à rendre hommage à la petite Lyhanna et à dénoncer ce que les participants considèrent comme des défaillances du système judiciaire français dans la protection des enfants victimes de violences sexuelles.
Un système jugé défaillant
Johanna Charleuf, membre du collectif, a déploré que les mineurs victimes soient trop rarement entendus. « Les enfants ne sont que trop rarement crus et, lors de violences sexuelles à leur encontre, seulement 13 % en parlent. Et lorsqu'ils en parlent, ils ne sont pas écoutés et pas mis en sécurité puisqu'ils doivent retourner chez leur parent auteur », a-t-elle déclaré.
Elle a également mis en avant le faible taux de condamnations dans ce type d'affaires : « Dans les cas de violences sexuelles sur mineurs, c'est environ 2 % de condamnations pour 160 000 enfants victimes chaque année. »
Des procédures trop longues
Le collectif a pointé du doigt la longueur des procédures judiciaires. « Les délais d'instruction dépassent en moyenne trois ans et peuvent aller jusqu'à six ans », s'est insurgée Johanna Charleuf, estimant que ces délais contribuent à fragiliser davantage les victimes et leurs familles.
À l'approche de 2027, le collectif estime que l'action est inévitable : « Ce n'est plus possible de fermer les yeux, il faut agir. »
Un rassemblement également à Cannes
Le tribunal d'instance de Cannes a lui aussi été le théâtre d'un rassemblement en l'honneur de Lyhanna et pour dénoncer les violences sexuelles envers les enfants. Sur le boulevard Carnot, de nombreuses personnes ont affiché leur soutien, salué par les klaxons de très nombreux automobilistes.



