Le phénomène inquiétant du 'sleep porn' exposé par une enquête approfondie
Une enquête menée par CNN a mis en lumière l'existence de communautés en ligne structurées autour d'une pratique criminelle connue sous le nom de 'sleep porn'. Ces réseaux diffusent des vidéos montrant des femmes droguées à leur insu et violées, un phénomène de soumission chimique qui évoque immédiatement le tristement célèbre cas de Gisèle Pelicot. Les agresseurs s'appuient sur des plateformes comme Telegram pour partager des conseils techniques et organiser leurs activités illégales, créant ainsi un environnement numérique toxique et dangereux.
Des plateformes pornographiques au cœur du trafic
Les journalistes de CNN ont identifié des sites extrêmement actifs dans l'hébergement de ce contenu criminel. Parmi eux, le site pornographique Motherless abrite plus de 20 000 vidéos montrant des femmes endormies ou droguées, violées par des hommes. Ces vidéos sont catégorisées à l'aide de mots-clés spécifiques tels que 'passed out' (évanouie) ou 'eye check' (vérification des yeux), une pratique macabre consistant à soulever les paupières des victimes pour prouver leur inconscience. En février dernier, ce site a enregistré un chiffre effarant de plus de 62 millions de visites, démontrant l'ampleur du phénomène et l'audience considérable qu'il génère.
Certains agresseurs poussent l'horreur encore plus loin en monnayant des retransmissions en direct de viols, utilisant des cryptomonnaies pour rester anonymes et échapper aux contrôles. L'un d'eux a même témoigné auprès des journalistes, affirmant avoir tiré profit de la diffusion du viol de sa propre épouse, préalablement sédatée, et se déclarant 'content' de ses actes. Cette révélation choquante souligne la perversion et l'absence totale de remords qui caractérisent ces individus.
Telegram : un refuge pour les criminels
Le reportage insiste sur le fait que ces agresseurs ne sont pas des individus isolés, mais forment une véritable 'académie du viol'. Sur des groupes Telegram spécialisés, comme le canal nommé 'ZZZ', les utilisateurs échangent des conseils techniques sur les dosages de sédatifs ou de liquides soporifiques à administrer à leurs compagnes. Cette stratégie de groupe vise à minimiser leur sentiment de culpabilité et à encourager le passage à l'acte dans une impunité quasi totale, grâce à l'anonymat offert par ces plateformes peu modérées.
Malgré la fermeture de certains sites, comme Coco suite à l'affaire Gisèle Pelicot, ces communautés migrent rapidement vers d'autres plateformes moins surveillées, perpétuant ainsi leur cycle criminel. Cette résilience numérique pose un défi majeur pour les autorités et les acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes, nécessitant une vigilance accrue et des mesures adaptées pour contrer ces réseaux toxiques.



