Un peu plus de trois mois après sa défaite aux élections municipales, à 21 voix près face à Frédéric Boccaletti, l'ancien maire de Six-Fours Jean-Sébastien Vialatte sort du silence pour rectifier des « contre-vérités ». Il s'exprime pour la première fois dans nos colonnes, affirmant d'emblée : « Je vais très bien ».
Un quotidien redevenu privé
Après avoir dirigé la commune pendant plus de trente ans, de 1995 à 2026, Jean-Sébastien Vialatte décrit son nouveau quotidien : « Je travaille un peu plus au laboratoire, et je voyage aussi un peu plus. J'ai également été désigné par la présidente de la Métropole Josée Massi pour siéger aux conseils d'administration de l'opéra, du théâtre Liberté, de Châteauvallon et de l'école d'art de Toulon. Cela m'intéresse beaucoup, je considère que la culture est indispensable à la cohésion de la société, c'est le sel de la vie ! »
Concernant l'arrêt brutal de son mandat, il déclare : « Je n'ai aucune amertume, j'ai quand même conscience de représenter 50 % des Six-Fournais. Rétrospectivement, je réalise que j'ai beaucoup donné à la ville de Six-Fours, en y prenant beaucoup de plaisir, mais que j'ai aussi laissé passer des choses. Notamment en ne consacrant pas assez de temps à mes enfants et à ma famille. »
Des « contre-vérités » sur le logement social
L'ancien maire sort du silence car il « observe de nombreuses contrevérités ». La dernière en date : l'affirmation par Frédéric Boccaletti d'avoir « découvert » la construction de 633 logements sociaux programmée par son prédécesseur. « Il fait mine de découvrir qu'il faut construire des logements sociaux à Six-Fours, alors qu'il est parlementaire et ne peut pas ignorer la loi SRU, réagit Jean-Sébastien Vialatte. Et quand le PLU de Six-Fours a été voté en avril 2015, dans lequel était inscrite l'OAP des Hoirs Nord, entre autres, il était conseiller municipal et métropolitain. »
Il insiste : « Les élus RN étaient très assidus en commission d'urbanisme. Ils avaient donc connaissance des permis délivrés. » En l'occurrence, « il n'y a pas encore de permis pour le projet des Hoirs Nord. C'est à lui qu'il appartiendra de le délivrer ou non ». De même, pour les attributions de subventions communales à des bailleurs sociaux adoptées par la nouvelle majorité lors du conseil municipal du 22 juin dernier : « Il pouvait ne pas les attribuer. »
La cession d'un terrain à l'euro symbolique
Lors de ce même conseil, une autre délibération a retenu l'attention de Jean-Sébastien Vialatte : la cession à l'euro symbolique d'une parcelle d'environ 1 000 m², située 2552 avenue du Président John Kennedy, à la Maison Familiale de Provence pour un programme de logement social. « Rien ne l'obligeait à vendre ce terrain, assure-t-il. J'avais justement acheté ce lot au sein d'un lotissement pour bloquer tout projet de construction. Il (Frédéric Boccaletti, Ndlr) a accordé le permis le 26 mai 2026 pour 33 logements, 10 locatifs sociaux et 23 en bail réel solidaire. Du 100 % social donc, c'est sa décision. »
Par ailleurs, rappelle l'ancien maire, « la Ville a perdu depuis bien longtemps son droit de préemption au profit de l'Etat, qui l'a délégué à l'Etablissement public foncier (EPF). Mais j'avais réussi à racheter certains terrains à l'EPF, pour un montant global d'environ 2,5 millions d'euros, notamment en centre-ville en vue de le préserver. »
Le coût précis de la Vague classique
Parmi les autres « contre-vérités » relevées par Jean-Sébastien Vialatte figure le coût pour la Ville de la Vague classique, qu'il avait créée et qui avait acquis une renommée nationale. Frédéric Boccaletti avait dans un premier temps évoqué la somme d'un million d'euros pour justifier l'arrêt du festival dans sa version actuelle l'an prochain, avant de déclarer en conseil : « C'est peut-être 700 000 ou 800 000 euros, en tout cas c'est trop. »
« C'est faux, affirme l'ancien maire. Le reste à charge précis, issu des chiffres de la ville, s'élève à 391 450 euros. Il est d'ailleurs inscrit dans la demande de subvention complémentaire au Département votée par le conseil le 22 juin 2026. Et s'il y avait eu une différence, il aurait fallu la rectifier dans le budget supplémentaire. »
Le projet de piscine « enterré »
Quant au projet de nouvelle piscine conçu et lancé par la précédente municipalité, que le nouveau maire vient de modifier considérablement : « Il a déclaré que le choix d'une délégation de service public “permettra à la commune d'économiser 12 millions d'euros”, mais c'est faux. Ce n'est pas la ville qui investira, mais il faudra payer ensuite en fonctionnement. » « Il enterre le projet », conclut Jean-Sébastien Vialatte.



