Sauvetage nocturne à Saint-Jean-de-Luz : des pêcheurs héroïques secourent un patron tombé à l'eau
Sauvetage nocturne de pêcheurs à Saint-Jean-de-Luz

Un sauvetage héroïque dans la nuit du port de Saint-Jean-de-Luz

Le dimanche 28 mars 2021, aux alentours de 3 h 30, une scène dramatique se déroule sur le port de pêche de Saint-Jean-de-Luz. Philippe Alsuguren, patron du bateau Kittara âgé de 63 ans, glisse accidentellement du ponton et tombe dans une eau à 12 degrés. Vêtu de bottes et d'un ciré, il lutte pour sa vie, ses appels au secours résonnant dans le silence nocturne.

L'alerte donnée par de jeunes pêcheurs vigilants

À quelques mètres de là, Enzo Cassez, 22 ans, et son apprenti Téo, 17 ans, du lycée maritime de Ciboure, sont occupés à appâter les lignes du ligneur Pipach II. Entendant des cris, ils tendent l'oreille et réalisent rapidement qu'il ne s'agit pas de simples bruits de fête, mais d'un pêcheur en grave difficulté. Le son provient du ponton voisin où Philippe Alsuguren est immergé, accroché désespérément à un bout.

Les deux jeunes se précipitent pour lui porter secours. Enzo tente de repousser le bateau tandis que Téo essaie de saisir la main droite du naufragé. Cependant, ils comprennent vite que leurs forces ne suffiront pas à le remonter sur le ponton, d'autant que l'eau froide et le poids des vêtements épuisent rapidement Philippe.

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Une mobilisation collective pour un sauvetage réussi

Enzo Cassez appelle alors à l'aide, et par chance, Battit Lahetjuzan et son matelot Telui, présents sur le palangrier Aurera, répondent à son appel. À quatre, ils parviennent finalement à sortir Philippe Alsuguren de l'eau, sain et sauf. « Franchement, il fallait bien être quatre », confirment Enzo et Téo, modestes quant à leur rôle crucial.

Enzo se réjouit de cette issue heureuse, soulignant que la nuit était froide et brumeuse, avec peu de monde sur place. Lui-même aurait pu ne pas être là : « Mais il y avait de la mer, donc je voulais prendre le temps de m'occuper des lignes avant de partir. Et puis c'était la nuit du changement d'heure, donc je m'étais méfié du réveil », explique-t-il avec un sourire.

Les risques encourus et le soulagement des proches

Philippe Alsuguren, retrouvé plus tard à bord du Kittara, exprime sa gratitude envers ses sauveteurs, confirmant qu'il est toujours prêt à reprendre la mer. Sa fille Marina, interrogée par Sud Ouest, décrit l'incident comme une « petite frayeur » pour un marin d'expérience qui a déjà frôlé la noyade à trois reprises.

Elle ajoute : « Mon frère allait arriver quelques minutes après, donc je pense qu'il aurait tenu bon jusque-là… Mais le problème, c'est qu'il y avait un peu de houle, donc le bateau partait et revenait, et le risque, c'était qu'il se retrouve écrasé contre le ponton ». Enzo Cassez estime quant à lui que « Ça se serait passé une heure plus tôt, ça ne se serait sans doute pas fini pareil », soulignant la chance de cette intervention opportune.

Malgré cette épreuve, Philippe Alsuguren a repris la mer dès le lundi 29 mars, démontrant la résilience des marins pêcheurs. Cette histoire rappelle la solidarité et le courage qui animent souvent les communautés portuaires, où chaque seconde compte face aux dangers de l'océan.

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