Saintes : un ancien élu rend son matériel tartiné de fromage corse, le maire porte plainte
Saintes : matériel d'élu tartiné de fromage, plainte déposée

Un colis nauséabond déclenche une nouvelle polémique à Saintes

La municipalité de Saintes a réceptionné un colis pour le moins insolite en ce mercredi 15 avril. L'ancien conseiller municipal et candidat aux dernières élections, Laurent Daviet, a restitué son matériel d'élu après sa défaite, mais dans un état particulièrement malodorant : l'ordinateur portable, le téléphone et les badges d'accès à l'hôtel de ville étaient littéralement tartinés de fromage corse.

Le maire filme l'ouverture et dénonce publiquement l'acte

Le maire sortant et réélu Bruno Drapron n'a pas pu résister à l'envie de documenter cet événement singulier. Il a filmé l'ouverture du paquet et partagé la vidéo sur sa page Facebook, déclarant avec consternation : « Il faut montrer les choses ». Dans cette séquence devenue virale, on peut voir distinctement les traces de fromage sur l'équipement municipal, tandis que le premier magistrat exprime son indignation face à ce qu'il qualifie de dégradation de biens publics.

Une plainte officielle pour dégradation de matériel public

Dès le jeudi 16 avril, la Ville de Saintes a officiellement porté plainte contre Laurent Daviet pour dégradation de matériel public. Bruno Drapron a précisé que l'équipement serait expertisé pour déterminer s'il peut être récupéré : « Si tel n'était pas le cas, nous allons facturer à M. Daviet la remise en état parce que ce n'est pas à vous [les Saintais] de payer, ce sera à lui ». Cette démarche juridique marque une escalade dans le conflit qui oppose les deux hommes depuis plusieurs mois.

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L'ancien élu assume son geste tout en le regrettant

Contacté par les médias, Laurent Daviet, 55 ans, a confirmé être l'expéditeur du colis parfumé. Il a déclaré : « Oui, j'ai envoyé ce petit colis, parfumé au fromage corse, j'aurais pu mettre de la lavande. Honnêtement, ce ne sont pas des bonnes méthodes. Ce n'est pas habituel, je l'ai fait une fois, je ne le referai plus jamais ». L'ancien candidat justifie son acte comme une réponse aux méthodes qu'il attribue à l'équipe du maire sortant, qualifiant leur campagne d'« exécrable ».

Un contexte politique déjà tendu depuis les municipales

Cet incident s'inscrit dans une rivalité politique particulièrement acerbe qui a marqué la campagne des élections municipales. Rappelons qu'entre les deux tours, Laurent Daviet (16,11%) et Jean-Philippe Machon (12,48%), tous deux candidats divers droite, s'étaient retirés de la course et avaient appelé à voter pour le candidat socialiste Ludovic Norigeon. Cette manœuvre inédite visait explicitement à empêcher Bruno Drapron d'obtenir un second mandat, créant une situation qualifiée d'ubuesque par de nombreux observateurs.

Accusations croisées et menaces de poursuites réciproques

Dans sa vidéo, le maire a vivement critiqué son ancien conseiller, reprenant même le néologisme « canivalesque » qu'il avait forgé fin janvier pour décrire l'atmosphère politique locale. « Durant toute la campagne, il a prôné qu'il savait ce qu'était l'argent dans le privé pour l'appliquer dans le public [...] C'était de la propagande, la réalité est toute autre », a-t-il affirmé.

De son côté, Laurent Daviet conteste la gravité des dégâts : « Il suffit de passer dessus une petite lingette à 2 euros, je peux même leur en apporter s'il le faut ». L'ancien candidat menace à son tour de porter plainte, estimant que la diffusion de la vidéo comportant son nom et son adresse constitue une faute. Il évoque également le piratage de ses comptes Facebook pendant la campagne, qu'il attribue au camp adverse.

Une atmosphère politique durablement dégradée

Cet épisode rocambolesque illustre la dégradation persistante du climat politique à Saintes. Alors que Bruno Drapron insiste sur le principe de cohérence - « On ne peut pas faire l'inverse de ce qu'on dit, c'est se foutre des gens » -, son adversaire estime avoir répondu à des provocations antérieures. La ville semble effectivement aller « de surprise en surprise », comme le soulignent les commentateurs locaux, jusqu'à cette consternation générale face à des méthodes qui « ne culminent pas franchement ».

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