Soupçons de discriminations à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle
L'association SOS Racisme a annoncé ce vendredi 1er mai avoir saisi le Défenseur des droits après avoir recueilli de nombreux témoignages faisant état de pratiques discriminatoires à l'encontre de passagers noirs et arabes à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Selon l'association, les agents de sûreté effectueraient des contrôles d'identité et des fouilles de manière disproportionnée en fonction de l'origine ethnique présumée des voyageurs.
Dans un communiqué, SOS Racisme dénonce un "profilage racial systématique" qui porterait atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité des personnes. L'association affirme avoir collecté une centaine de signalements depuis le début de l'année 2026, émanant de voyageurs français et étrangers. Ces témoignages décrivent des situations où des individus seraient ciblés uniquement sur la base de leur apparence physique, sans motif objectif.
Réaction du groupe ADP
Le groupe ADP, gestionnaire de l'aéroport, a fermement démenti ces accusations dans un communiqué séparé. Il indique que les procédures de sûreté sont appliquées de manière strictement aléatoire et conformément aux réglementations nationales et internationales. ADP rappelle que les agents de sûreté sont formés pour éviter tout biais discriminatoire et que des audits internes sont régulièrement menés pour garantir l'équité des contrôles.
Le groupe ajoute qu'il se tient à la disposition du Défenseur des droits pour coopérer à l'enquête et apporter toutes les preuves de la conformité de ses pratiques. ADP souligne également que la sécurité des passagers reste une priorité absolue et que toute allégation de discrimination est prise très au sérieux.
Enquête en cours
Le Défenseur des droits, saisi par SOS Racisme, a confirmé avoir ouvert une instruction. Cette autorité indépendante est chargée de veiller au respect des droits et libertés par les administrations et les services publics. Elle dispose de pouvoirs d'investigation et peut formuler des recommandations, voire saisir la justice en cas de manquement grave.
Cette affaire intervient dans un contexte de sensibilisation accrue aux discriminations raciales dans les lieux publics en France. Plusieurs rapports récents ont pointé du doigt les pratiques de certains services de sécurité, notamment dans les transports. SOS Racisme espère que cette saisine permettra de faire la lumière sur ces pratiques et d'inciter à des réformes profondes pour garantir l'égalité de traitement de tous les citoyens.
L'association appelle les victimes ou témoins de discriminations à se manifester pour enrichir le dossier. Elle promet de suivre de près l'évolution de l'enquête et de médiatiser les résultats. De son côté, le groupe ADP réaffirme sa confiance dans ses procédures et se dit prêt à collaborer pleinement avec les autorités.



