Le parquet de Rodez a ouvert une enquête pour incitation à la haine raciale après la diffusion sur TikTok d'une vidéo filmée dans la nuit du 5 au 6 juin au Loft 89, une discothèque de la ville. Les images montrent plusieurs jeunes scandant des slogans racistes anti-maghrébins, notamment « Marine au pouvoir » et « Les Arabes à l'abattoir », provoquant une vive polémique sur les réseaux sociaux.
Des propos haineux filmés dans l'espace fumeur
La scène se serait déroulée dans l'espace fumeur de l'établissement ruthénois. Selon le témoignage d'un client présent ce soir-là, recueilli par France 3 Occitanie, plusieurs participants ont repris en chœur ces slogans sans susciter de réaction notable parmi les autres personnes présentes. Le témoin a décidé de filmer après avoir entendu les propos qu'il jugeait « particulièrement choquants ».
La vidéo, publiée le lendemain sur TikTok, est rapidement devenue virale, cumulant des milliers de vues et de partages sur d'autres plateformes comme Twitter. Elle a également donné lieu à de nombreux signalements auprès des autorités.
Le parquet saisit le commissariat de Rodez
Alerté par la diffusion de la vidéo, le procureur de la République de Rodez a ouvert une enquête confiée au commissariat local. Les investigations visent à identifier les auteurs des propos et à déterminer les circonstances exactes de la scène. Selon une source judiciaire, les chefs d'incitation à la haine raciale pourraient entraîner des poursuites pénales, avec des peines pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
« Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir… En 2026 », a tweeté un internaute en relayant la vidéo, accompagnée du hashtag #Rodez. La publication a été vue plus de 200 000 fois en quelques jours.
La discothèque condamne fermement
Dans un communiqué publié sur Facebook, le gérant du Loft 89 a pris ses distances avec les personnes apparaissant sur la vidéo. « Nous tenons à préciser que nous ne cautionnons en aucun cas ces agissements et les condamnons avec la plus grande fermeté », a-t-il écrit. L'établissement assure collaborer avec les services de police et rappelle que « les comportements et propos incitant à la haine n'y ont pas leur place ».
Le gérant a également indiqué que des mesures internes pourraient être prises si les auteurs étaient identifiés comme des clients réguliers. Contacté par Midi Libre, il n'a pas souhaité faire d'autres commentaires.
Une enquête sous tension
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions autour des discours racistes en France. Selon le ministère de l'Intérieur, les actes racistes ont augmenté de 12 % en 2025 par rapport à l'année précédente. Des associations antiracistes, comme SOS Racisme, ont appelé à des sanctions exemplaires. « Ces propos sont intolérables et doivent être poursuivis avec la plus grande sévérité », a déclaré un porte-parole de l'association.
L'enquête devra désormais établir les responsabilités de chacun et déterminer si des poursuites pénales seront engagées. Le parquet de Rodez n'a pas communiqué de délai pour les résultats de l'enquête.



