La Cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné, mercredi 24 septembre 2026, le parc d'attraction Le Rocher Mistral à démolir une majeure partie des aménagements réalisés sans autorisations sur le site du château de La Barben, près d'Aix-en-Provence. Le parc écope d'une amende de 50 000 euros et son promoteur, Vianney d'Alançon, d'une amende de 5 000 euros, selon l'arrêt consulté jeudi par l'AFP.
Une mise en conformité sous 12 mois
La justice accorde 12 mois au parc pour une « mise en conformité » de certains lieux « avec les règlements », citant « les enduits de la grande galerie, murs et voûtes, refaits à neuf » et « les structures métalliques posées le long des murs de la grande galerie ». Parallèlement, elle ordonne « la démolition des constructions illicites et la remise en état des lieux » sous le même délai, visant notamment l'espace d'accueil (billetterie et sanitaires), des bâtiments préfabriqués, une scène de spectacle, un marché provençal, une guinguette, un manège et une vaste esplanade de 2 550 mètres carrés.
Ces aménagements avaient été effectués sans les autorisations de la municipalité de La Barben, qui estimait que le projet ne respectait pas les règles d'urbanisme, de sécurité et de protection de l'environnement. Le château, perché sur un éperon rocheux dans ce village de 800 âmes situé à 50 km de Marseille, propose une déambulation immersive mêlant effets spéciaux et jeux d'eau dans le château-fort et ses jardins à la française.
La direction du parc envisage un pourvoi en cassation
Réagissant auprès de l'AFP, la direction du Rocher Mistral n'exclut pas un pourvoi en cassation « pour faire face à cette injustice ». Elle assure que « 80% des points visés par la décision de justice avaient déjà été régularisés en amont de cette même décision ». Dans un communiqué envoyé à l'AFP, la direction poursuit : « Le Rocher Mistral souhaite maintenant pouvoir restaurer le château de La Barben, le plus ancien château de Provence, monument historique classé, pour lequel il tente depuis quatre ans d'obtenir les autorisations nécessaires afin d'engager des travaux de restauration devenus urgents ».
Sorte de Puy du Fou provençal, le lieu met en scène des pans de l'histoire locale : les aventures de Claude Forbin, noble et corsaire au service de Louis XIV, et la révolte paysanne des Cascaveous qui secoua Aix-en-Provence au XVIIe siècle. Certains détracteurs dénoncent toutefois une vision partiale, voire orientée, de l'histoire régionale.
Un avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature
Sur le volet environnemental, le Conseil national de la protection de la nature avait émis un avis défavorable, notamment en raison de l'impact du projet sur des espèces protégées, dont des chauves-souris. Cette décision de la Cour d'appel marque une étape importante dans le litige opposant le parc aux autorités locales, avec des conséquences directes sur l'exploitation du site et la nécessité de se conformer aux règles d'urbanisme et de protection de l'environnement sous peine de démolition.