Rixe mortelle évitée au Plô : prison pour le conducteur et le tireur à Saint-Affrique
Rixe au Plô : prison pour conducteur et tireur à Saint-Affrique

Une nuit de violence au parking du Plô

Le tribunal de Rodez a replongé dans l'atmosphère chaotique de la nuit du 12 mars 2022, lors de l'audience consacrée à une violente altercation survenue sur le parking de la discothèque Le Plô à Saint-Affrique. Les images diffusées en salle d'audience montraient des silhouettes courant dans tous les sens, une voiture effectuant des embardées dangereuses, et des détonations retentissant dans l'obscurité.

Un jeune homme gravement blessé

Au premier rang, un jeune homme assistait silencieusement à la projection, entouré de ses parents. Cette nuit-là, il était simplement venu faire la fête avec des amis saint-affricains. En quittant l'établissement vers 4h15, il avait aperçu une rixe au fond du parking où sa voiture était garée. En s'approchant, il se retrouva pris dans une altercation opposant des jeunes de Lodève à des locaux.

La situation dégénéra lorsqu'un des Héraultais monta dans son véhicule et entreprit un rodéo sur le parking, avec des personnes accrochées à sa voiture. Dans ses embardées, il percuta trois jeunes, dont celui présent au tribunal qui subit une grave blessure au foie nécessitant un transfert en urgence vitale au CHU de Montpellier et plusieurs jours en réanimation.

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Le conducteur condamné

"Imaginez l'état de ses parents lorsqu'on leur a appris cela", témoigna son avocat, Me Nicolas Nassier. Face à lui, le jeune conducteur s'excusa, affirmant "n'avoir jamais senti qu'il avait percuté des gens". Il expliqua avoir foncé dans la foule après avoir été "lynché", voulant selon lui "sauver" son petit frère resté dans la bagarre.

La présidente Blandine Arrial trouva peu convaincante cette explication, d'autant que le prévenu s'était enfui après les faits et s'était vanté au téléphone d'avoir "fait le voyou et de les avoir mis K.-O." sans savoir qu'il était sur écoute. Le tribunal le condamna finalement à 18 mois de prison, dont un an ferme purgé sous bracelet électronique.

Le "justicier" et son arme

Un second prévenu, âgé de 57 ans et connu localement sous le surnom de "Tony le pizzaïolo", comparut également. Cette nuit-là, vers 4h30, il était venu chercher "des gamins que je considère comme les miens". Voyant la rixe et le conducteur "foncer dans tout le monde comme le camion lors de l'attentat de Nice", il sortit une arme et tira à trois reprises : deux fois en l'air, une fois en direction du conducteur.

"Si je ne faisais pas ça, ça aurait très mal terminé", justifia-t-il, s'adressant au jeune Lodévois. Le procureur s'étonna qu'on se promène ainsi avec une arme, qualifiant le quinquagénaire de "vieux cheval de retour", son casier judiciaire mentionnant une condamnation pour coups ayant entraîné la mort en 1986.

Des peines prononcées

Les juges tinrent compte du fait que le drame avait été évité et condamnèrent le "justicier" à un an de prison avec sursis. Depuis, l'homme a refait sa vie du côté d'Agde et n'a plus fait parler de lui.

Dans ses réquisitions, le procureur formula un dernier vœu : "J'espère qu'un jour, les discothèques redeviendront simplement des lieux de fête et de rencontres. Et que ceux qui souhaitent se battre éviteront ces endroits." Un message clair adressé à tous, alors que cette affaire rappelle combien une simple soirée peut basculer dans la violence extrême.

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