Une pétition lancée sur le site de l'Assemblée nationale contre le projet de loi instaurant une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre a recueilli plus de 500 000 signatures, a-t-on appris ce jeudi 9 juillet 2026. Ce texte, porté par le gouvernement, vise à protéger les policiers et gendarmes dans l'exercice de leurs fonctions, mais suscite une vive opposition de la part d'associations et de citoyens.
Un seuil symbolique franchi
La pétition, intitulée « Non à la présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre », a été mise en ligne le 20 juin dernier. En moins de trois semaines, elle a dépassé le cap des 500 000 signatures, un seuil rarement atteint pour une pétition sur le site de l'Assemblée. Selon les données publiées, le compteur affichait 512 347 signatures ce jeudi matin.
L'initiative émane de plusieurs associations de défense des droits humains, dont la Ligue des droits de l'homme (LDH) et Amnesty International France. Elles dénoncent un texte qui « donne un blanc-seing aux forces de l'ordre pour tirer sans crainte de poursuites », selon un communiqué commun.
Le contenu du projet de loi
Le projet de loi, examiné en première lecture à l'Assemblée nationale, prévoit que l'usage des armes par les forces de l'ordre est présumé légitime lorsqu'il intervient dans le cadre de leurs missions et dans le respect des règles en vigueur. Concrètement, cela signifie que la charge de la preuve incomberait à la partie civile en cas de contestation, renversant ainsi la présomption d'innocence habituelle.
Le ministre de l'Intérieur, Jean-Baptiste Dupont, a défendu le texte en affirmant qu'il s'agit de « protéger ceux qui nous protègent » et de « clarifier un cadre juridique parfois flou ». Il a également rappelé que les forces de l'ordre sont confrontées à des situations de plus en plus dangereuses, avec une augmentation de 15 % des agressions recensées en 2025.
Des réactions contrastées
Les syndicats de police, comme Alliance Police Nationale, soutiennent le projet. « C'est une reconnaissance du travail difficile de nos collègues », a déclaré son secrétaire général, Marc Lefèvre. En revanche, l'opposition de gauche et des associations estiment que ce texte menace les libertés publiques. « C'est un recul démocratique majeur », a dénoncé la députée écologiste Élise Moreau.
La pétition, bien que non contraignante, oblige l'Assemblée nationale à organiser un débat public si elle atteint 500 000 signatures, ce qui est désormais le cas. Une commission des lois pourrait être saisie pour entendre les pétitionnaires.
Impact et suites
Le gouvernement, qui souhaitait une adoption rapide du texte, pourrait être contraint de revoir sa copie face à cette mobilisation. « Nous prenons acte de cette pétition, mais nous maintenons notre cap », a répondu le cabinet du ministre de l'Intérieur. Le débat parlementaire est prévu pour la mi-septembre.
Cette pétition s'inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre les forces de l'ordre et une partie de la population, notamment dans les quartiers populaires. En 2025, plusieurs affaires de tirs policiers avaient suscité l'émoi, dont celle d'un jeune homme tué à Marseille lors d'un contrôle routier.



