Prêtre escroc relaxé : 230 000 euros soutirés à un fidèle
Prêtre relaxé après avoir soutiré 230 000 euros à un fidèle

Le tribunal correctionnel de Versailles a relaxé, le 10 juillet 2025, un prêtre de 62 ans accusé d’avoir soutiré 230 000 euros à un fidèle entre 2018 et 2021. Les faits, qualifiés d’escroquerie et d’abus de confiance, n’ont pas été retenus par les juges, estimant que la preuve de l’intention frauduleuse n’était pas établie.

Un fidèle ruiné après des années de dons

Le plaignant, un homme d’une cinquantaine d’années, affirmait avoir versé des sommes considérables au religieux pour financer des projets humanitaires fictifs en Afrique. Selon lui, le prêtre aurait inventé des orphelinats et des écoles à soutenir, l’incitant à puiser dans ses économies et même à contracter des prêts. Au total, 230 000 euros auraient été transférés, sans aucune trace de réalisation des projets.

L’enquête, ouverte en 2022 après une plainte du fidèle, a mis au jour des virements réguliers sur des comptes personnels du prêtre. Cependant, la défense a soutenu que les sommes étaient des dons libres, destinés à des œuvres caritatives, et que le prévenu n’avait pas agi avec malveillance. « Mon client a toujours agi dans l’intérêt des plus démunis, et les fonds ont été utilisés à des fins humanitaires », a plaidé son avocat.

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Des preuves jugées insuffisantes

Le tribunal a relevé que si les transferts d’argent étaient avérés, l’intention de tromper n’était pas démontrée. « Il n’est pas établi que le prévenu ait eu conscience de mentir au moment des faits », a souligné la présidente du tribunal dans son délibéré. Les juges ont également noté que le plaignant avait agi en toute connaissance de cause, sans contrainte apparente.

Cette décision a suscité l’indignation de la partie civile. « C’est un verdict incompréhensible. Mon client est ruiné, et le prêtre s’en sort sans aucune sanction », a réagi Me Dupont, avocat du fidèle. Ce dernier envisage de faire appel.

Une affaire qui interroge sur la confiance

Cette relaxe met en lumière les difficultés juridiques à prouver l’escroquerie dans un contexte de relations de confiance, notamment au sein d’une communauté religieuse. Selon des statistiques judiciaires, moins de 30 % des plaintes pour abus de confiance aboutissent à une condamnation, faute de preuves suffisantes de l’intention frauduleuse.

L’Église catholique, par la voix du diocèse de Versailles, a pris ses distances avec l’affaire, indiquant que le prêtre avait été suspendu de ses fonctions dès l’ouverture de l’enquête. « Nous attendons la décision définitive avant de prendre des mesures canoniques », a précisé un porte-parole.

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