Une étudiante palestinienne visée par une enquête pour apologie du terrorisme à Lille
La procureure de la République de Lille, Carole Etienne, a annoncé ce jeudi 31 juillet l'ouverture d'une enquête judiciaire concernant des publications violemment antisémites attribuées à Nour Attalah, une étudiante gazaouie de 25 ans. Cette dernière, arrivée en France en février dernier, devait intégrer Sciences Po Lille à partir du mois de septembre.
Des contenus haineux partagés sur les réseaux sociaux
L'enquête, confiée au parquet de Lille, porte spécifiquement sur des faits d'apologie du terrorisme et apologie de crime contre l'humanité avec utilisation d'un service de communication en ligne. Les investigations ont été déclenchées par la diffusion sur les réseaux sociaux de captures d'écran montrant qu'un compte attribué à l'étudiante aurait repartagé des messages appelant à tuer des juifs ainsi que des vidéos d'Adolf Hitler.
Plus grave encore, selon les éléments révélés, cette étudiante aurait publié deux jours après les attaques du 7 octobre un message appelant à l'exécution des otages détenus par le Hamas. Le compte en question a depuis été fermé, mais les publications ont provoqué une onde de choc dans l'établissement universitaire et au plus haut niveau de l'État.
Une exclusion immédiate de l'établissement universitaire
Sciences Po Lille a réagi avec célérité en annonçant dès le mercredi la désinscription immédiate de la jeune femme. L'institution a justifié cette décision radicale en expliquant que le contenu de ses publications "entre en contradiction frontale avec les valeurs portées par Sciences Po Lille".
L'établissement a précisé à l'AFP avoir accueilli cette étudiante "sur proposition du consulat général de France à Jérusalem", soulignant ainsi le caractère officiel de son admission initiale. Cette révélation a immédiatement soulevé des questions sur les procédures de sélection et de contrôle préalable.
Des réactions politiques jusqu'au sommet de l'État
L'affaire a provoqué des réactions immédiates au plus haut niveau du gouvernement français. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur X qu'"une étudiante gazaouie tenant des propos antisémites n'a rien à faire en France". Il a annoncé avoir demandé l'ouverture d'une enquête interne pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a martelé que "les propagandistes du Hamas n'ont rien à faire dans notre pays". Il a affirmé avoir personnellement demandé la fermeture du compte haineux et donné des instructions pour que des poursuites soient engagées.
Une procédure d'expulsion envisagée
François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, a été particulièrement explicite sur les conséquences judiciaires et administratives. Interrogé sur RMC, il a reconnu qu'il existait une faille dans le système de contrôle et a promis que des réponses seraient apportées.
"Il y aura des poursuites qui seront engagées et sur la base de ces éléments-là, elle est susceptible d'être renvoyée dans son pays, bien évidemment", a-t-il déclaré. Une source diplomatique française a confirmé que la jeune femme avait "vocation à quitter le territoire national", indiquant clairement la volonté des autorités de procéder à son expulsion.
Des questions sur les procédures d'admission
Le ministre Buffet a apporté des précisions sur les responsabilités administratives, expliquant que "les services des titres de séjour relèvent du ministère des Affaires étrangères". Cette clarification institutionnelle souligne la complexité des circuits décisionnels dans ce type de cas.
L'affaire met en lumière les défis posés par le contrôle des contenus publiés sur les réseaux sociaux dans le cadre des procédures d'admission des étudiants étrangers. Elle intervient dans un contexte de tensions internationales accrues depuis les événements du 7 octobre et pose des questions fondamentales sur l'équilibre entre liberté d'expression et lutte contre la haine raciale et l'apologie du terrorisme.



