Le vendredi 25 juillet, le Tribunal judiciaire de Montpellier a jugé trois jeunes hommes en comparution immédiate pour des faits de proxénétisme, violences aggravées, port d'arme et non-assistance à personne en danger. La victime, une jeune femme de 22 ans, a été violentée et exploitée. L'avocate de la partie civile a qualifié le dossier d'« insupportable » et « particulièrement sordide ».
Les faits : une nuit de violences
Les faits remontent au 21 juillet dernier. Des policiers, alertés par une odeur de cannabis, découvrent une voiture mal garée avec trois hommes à bord. Une jeune femme au visage tuméfié est au volant. Ce contrôle révèle une affaire sombre. La victime explique se prostituer occasionnellement depuis un an via le site SexModel. Depuis plusieurs semaines, Rhiley, le principal accusé, l'obligeait à se prostituer davantage, l'empêchait de dormir, la frappait et confisquait ses revenus.
Cette nuit-là, Rhiley l'aurait conduite dans un bois pour la frapper, la forcer à se déshabiller et la filmer nue. D'autres vidéos montrent l'homme la chevauchant et lui claquant les fesses. Interrogé, Rhiley minimise : « Elle rigolait, moi aussi je rigolais », ou « Elle me tapait plus que je ne la tapais ». Il reconnaît les menaces, affirmant : « Je lui ai dit que j'allais l'enculer ». Il admet être allé à Fabrègues pour la violenter.
Le rôle des deux autres accusés
Dans la voiture, deux ambiances : Rhiley, nerveux à l'avant, et ses deux acolytes, Nelson et Sidi, hilares à l'arrière sous l'emprise de stupéfiants. Selon Rhiley, le passage à tabac serait dû à un différend sur une location de voiture, mais la victime souhaitait arrêter les passes, compromettant les revenus de son agresseur. À la barre, Rhiley minimise encore : « Je lui ai mis une tarte ». L'expertise médicale révèle des « traumatismes contondants multiples », incompatibles avec un simple coup de colère.
Après les violences, c'est la victime qui reprend le volant. « Vous la preniez pour votre chauffeur ? », demande la présidente. Nelson, déjà condamné six fois, admet avoir entendu des gémissements. Sidi, arrivé plus tard, se dit « au mauvais endroit au mauvais moment ».
La plaidoirie de la partie civile
L'avocate de la partie civile dénonce « la solidarité masculine » et la « considération glaçante pour les femmes ». Elle lance : « Vous nous prenez pour des idiotes, mais vous ne vous en rendez même pas compte. Ce que vous avez fait, ce n'est pas seulement de la traite humaine, c'est la somme de l'horreur ». Dans le box, Rhiley rit, semblant inconscient de la gravité des actes. Face à une salle composée uniquement de femmes, l'avocate conclut : « Sachez, Messieurs, que la violence qui va s'abattre sur vous est féminine ».
Les peines prononcées
Rhiley est condamné à 30 mois d'emprisonnement, dont 18 mois ferme avec maintien en détention et 12 mois avec sursis probatoire. Nelson écope de 8 mois, dont 6 avec sursis probatoire et 2 mois ferme. Sidi est relaxé, le tribunal lui octroyant le bénéfice du doute.



