Procès à Mont-de-Marsan : un homme jugé pour deux tentatives d'enlèvement similaires
Procès pour deux tentatives d'enlèvement à Mont-de-Marsan et Pau

Un procès pour deux affaires de tentatives d'enlèvement similaires

Treize années séparent deux agressions aux méthodes identiques qui vont être jugées simultanément à partir de ce lundi 16 mars 2026 à Mont-de-Marsan. L'accusé, Sylvain Rossetti, aujourd'hui âgé de 41 ans, doit répondre de deux tentatives d'enlèvement particulièrement violentes commises à Pau en 2010 puis à Mont-de-Marsan en 2023.

Une agression traumatisante en plein jour

Le 2 mai 2023, une adolescente de 13 ans regardait son téléphone aux abords du parc de Nahuques à Mont-de-Marsan lorsqu'un véhicule s'est approché d'elle. En quelques secondes, l'homme a ouvert son coffre, s'est précipité sur la jeune fille, lui a saisi le bras avant de lui coller du ruban adhésif sur la bouche. Il a tenté de la faire monter de force dans son véhicule, mais la collégienne a réussi à se débattre et à faire suffisamment de bruit pour mettre l'agresseur en fuite.

En quittant les lieux, le véhicule a heurté un lampadaire, laissant des traces de peinture qui ont constitué le point de départ de l'enquête menée conjointement par la Direction départementale de la sécurité publique et le service de police judiciaire de Bayonne. Le ruban adhésif a également fait l'objet d'analyses approfondies, révélant des traces d'ADN qui ont permis aux enquêteurs de relier cette affaire à des faits similaires remontant à 2010.

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Un schéma criminel identique treize ans plus tôt

En 2010, à Pau, une jeune femme de 21 ans avait été victime d'une agression selon un mode opératoire que le procureur de la République de l'époque, Olivier Janson, avait qualifié de « rigoureusement identique » à celui de Mont-de-Marsan. L'agression s'était produite en pleine nuit dans les rues de la ville, avec les mêmes méthodes violentes d'intervention.

La victime de Mont-de-Marsan, aujourd'hui âgée de 17 ans, ne sera pas présente à l'audience. Sa famille ayant déménagé loin des Landes, elle a choisi de ne pas se confronter à l'accusé. « Elle ne souhaite pas voir l'accusé. Trois ans après, elle a encore peur de lui. Elle est vraiment traumatisée par ce qu'elle a vécu. Ça a brisé son adolescence », explique son avocate, Me Priscilla Le Daniel-Piovesan, qui insiste sur le caractère exceptionnellement violent de cette agression.

Des questions sans réponse pour les familles

Depuis le banc des parties civiles, les parents de la jeune victime découvriront pour la première fois le visage de cet homme, incarcéré depuis son interpellation en juin 2023. « Ils veulent avoir des explications, ils veulent savoir pourquoi. Pourquoi elle ? Pourquoi une enfant ? », confie l'avocate de la famille, soulignant l'incompréhension qui entoure ces actes.

La défense, représentée par Me Valérie Boillot, indique que son client reconnaît entièrement les faits et « a des choses à expliquer, à la cour comme aux victimes ». L'homme, père de famille, évoque auprès de son conseil « avoir perdu pied, à une période compliquée de sa vie ». L'enquête a mis en lumière une consommation élevée d'alcool peu avant les faits ainsi qu'une addiction aux contenus pornographiques.

« Il a pris conscience de la gravité de ce qu'il a fait et du traumatisme qu'il a provoqué chez ses victimes », conclut Me Valérie Boillot avant l'ouverture des débats. En matière d'enlèvement, la tentative est punie comme l'infraction consommée, ce qui expose l'accusé à une peine pouvant atteindre trente ans de réclusion criminelle.

Ce procès, qui s'ouvre treize ans après la première agression et trois ans après la seconde, représente un moment crucial pour les victimes et leurs familles, qui attendent des réponses et une justice à la hauteur des traumatismes subis.

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