Nice : deux copropriétés se déchirent autour d'un terrain squatté
Nice : deux copropriétés en conflit pour un terrain squatté

Un terrain squatté depuis une quinzaine d'années sur les hauteurs de Nice, boulevard Henri-Sappia, est au cœur d'un conflit entre deux copropriétés. La parcelle, envahie de déchets et de détritus en tout genre, est devenue un véritable cauchemar pour les riverains. Des trafics de chiens drogués, des campements avec enfants et des barbecues sauvages y sont régulièrement signalés, faisant craindre un risque d'incendie majeur.

Un terrain devenu une décharge à ciel ouvert

Annie, une riveraine, se souvient avec nostalgie du temps où elle venait cueillir des asperges et des champignons sur cette colline. Aujourd'hui, le sentier est encombré de ronces, de troncs d'arbres, de matelas, de sommiers, de tonneaux, de bidons et de déchets divers. « Il n'y a plus que des déchets », déplore-t-elle. La parcelle appartient à la Ville et à deux copropriétés : Le Rouret (Bateco) pour sa partie basse, et la résidence « Le Grand Koudou » pour la partie haute.

Des nuisances quotidiennes et un risque d'incendie

Franck La Vacca, du conseil syndical du Grand Koudou, décrit une situation intenable : « Ils font des barbecues le soir et tous les dimanches. On entend hurler. L'odeur de la fumée arrive jusque chez nous… Si les squatteurs mettent le feu, on brûle tous. » Les nuisances ne se limitent pas aux odeurs : des habitants du Rouret rapportent des jets de canettes et des menaces. Dorian Comas, responsable de Synd'Up qui gère la copropriété du Rouret, alerte également sur un danger pour les élèves du collège Henri-Fabre, dont l'entrée se trouve à proximité de la parcelle squattée.

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Une guerre des nerfs entre copropriétés

Les deux copropriétés se renvoient la responsabilité. Le Rouret reproche au Grand Koudou de ne pas avoir clôturé le passage par lequel les squatteurs entrent et d'évacuer les déchets. De son côté, le conseil syndical du Grand Koudou affirme avoir fait tout son possible, dépensant près de 10 000 euros en nettoyage et en grillages, régulièrement éventrés. Anaïs Corniglion, gestionnaire de la SAG qui administre le Grand Koudou, déplore une situation inextricable : une entreprise mandatée n'a pas terminé le travail, et la société dément, arguant de moyens insuffisants.

Vers une action en justice

Une tentative de médiation a échoué il y a quelques semaines. Me Thibault Pozzo di Borgo, avocat des résidences du Rouret, a obtenu une ordonnance de référé et va assigner la copropriété du Grand Koudou en justice. « On est dans un trouble anormal de voisinage. On ne peut plus laisser courir un risque grave au quartier », assène-t-il.

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