Procès du meurtrier présumé du petit Jonathan : Martin Ney nie les faits
Procès Martin Ney : il nie le meurtre du petit Jonathan

C’est un immense homme au crâne mal rasé, cernes apparents, l’air impassible qui s’est présenté mardi dans le box des accusés de la cour d’assises de Loire-Atlantique. Hasard de calendrier, le procès du meurtrier présumé du « petit Jonathan » enlevé et tué à Saint-Brévin-les-Pins, s’ouvre vingt-deux ans jour pour jour après la découverte du corps ligoté de l’enfant dans un étang de Guérande.

Depuis, les enquêteurs se sont penchés sur la piste allemande et le nom de Martin Ney. L’homme de 55 ans a été condamné en 2012 pour les meurtres de trois enfants et plusieurs dizaines d’agressions sexuelles sur des mineurs en colonie de vacances. Des faits pour lesquels « l’homme en noir » – pseudo utilisé par l’individu sur un forum pour pédophiles pendant des années – purge encore sa peine.

« Les faits qui concernent Jonathan, je ne les ai pas commis »

Mais au rappel des faits, le prédateur sexuel semble presque spectateur d’une pièce dont il n’aurait jamais été l’acteur. La cour parle en français, lui dans sa langue maternelle. A ses côtés, deux interprètes prennent assidûment le relais pour lui traduire, phrase après phrase, les mots de la présidente. Le tout donne l’impression d’un discours très monotone et sans émotions. « Vous avez évoqué les faits pour lesquels j’ai été condamné en Allemagne, glisse l’accusé, mais les faits qui concernent le petit Jonathan, non je ne les ai pas commis. »

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Aux premières heures du procès, l’enquête de personnalité le présente comme un homme « timide », « solitaire », « calme », mais rapidement « attiré par les jeunes garçons ». Une attirance qu’il ne cherche pas à nier, évoquant lui-même le terme de « pédophilie ». « Petit à petit, il commence à s’ouvrir et nous livre des éléments pour comprendre qui il est vraiment », commente lors d’une suspension d’audience Me Corinne Herrmann, représentante de la sœur et du père adoptif de Jonathan.

« Ça ferait trop de mal à sa mère »

L’enfance scrutée à la loupe, le tribunal relève deux agressions sexuelles dont l’accusé aurait été victime par le passé. Ces épisodes, Martin Ney les balaye d’un revers de main. Le premier signe d’émotion survient plus tard au moment d’évoquer sa relation avec sa mère. « Elle a eu beaucoup de difficultés avec les faits que j’ai commis, c’était devenu un sujet tabou. » Et le pédocriminel d’ajouter : « Mais on doit toujours faire la différence entre un homme et les faits qu’il a commis. »

« Il a toujours affirmé que s’il disait quelque chose de plus, ça ferait trop de mal à sa mère », confiait à 20 Minutes Me Catherine Salsac, avocate notamment de la mère de la jeune victime, avant l’ouverture du procès. Coup de théâtre au premier jour de l’audience, la mère en question, que tout le monde pensait encore vivante, s’avère être décédée fin janvier. Un élément qui pourrait changer le cours de cette affaire ? « L’homme en noir » a un peu moins de trois semaines pour livrer sa version des faits.

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