Procès du meurtre de Sihem : Mahfoud Hansali maintient sa version d'une dispute amoureuse
Procès du meurtre de Sihem : Mahfoud Hansali maintient sa version

Procès du meurtre de Sihem : Mahfoud Hansali maintient sa version d'une dispute amoureuse

À la veille de l'ouverture de son procès pour meurtre, ce lundi 23 mars devant la cour d'assises du Gard, Mahfoud Hansali, 42 ans, persiste dans sa version des faits concernant la disparition et la mort de Sihem, une lycéenne de 18 ans. L'accusé a avoué le meurtre de la jeune fille, disparue puis retrouvée morte sept jours plus tard en février 2023, près d'Alès. Son avocat, Jean-Marc Darrigade, confie au Point : « Il va essayer de répondre aux questions qui lui seront posées mais il a conscience que, dans la position où il est, quelle que soit la version qu'il donne, elle est jugée difficilement acceptable par la famille ».

Une victime décrite comme joyeuse et serviable

Sihem, selon ses parents, était une lycéenne « joyeuse », « souriante » et serviable. Une jeune fille « heureuse », qui venait de fêter son anniversaire à Paris avec ses amis. Sur Instagram, elle confiait ses sentiments pour un garçon de son âge, qu'elle « aime encore » même s'ils ne sont « plus ensemble ». L'oncle de ce garçon, Mahfoud Hansali, était qualifié par Sihem de « cassos » ou de « gros clochard », bien qu'elle le trouvait « gentil » à son égard.

Un accusé au lourd passé judiciaire

Mahfoud Hansali est décrit comme le mauvais garçon de sa famille, avec 14 condamnations au compteur, principalement pour vol, dont 12 ans de réclusion en 2015 pour un braquage. Une de ses sœurs résume : « On subissait sa vie ». Entre deux séjours en prison, il a eu trois enfants avec Sabrina, la cousine de Sihem, qui l'a quitté en 2022, lassée par « ses mensonges d'argent, ses dettes, qui conduisaient les gens à venir chercher de l'argent chez moi ». Sihem gardait régulièrement les enfants de ce couple.

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Les circonstances de la disparition et de la découverte du corps

Le 26 janvier 2023, à minuit et demi, Sihem quitte l'appartement de sa grand-mère, aux Salles-du-Gardon, près d'Alès. Elle écrit à un ami sur Snapchat : « J'y vais », puis monte dans la Peugeot 207 rouge de Mahfoud Hansali. Personne ne la reverra vivante. Le 1er février, son corps sans vie, en partie dévêtu, est retrouvé dans un sous-bois près du hameau de Pallières, caché sous un tronc d'arbre et des branchages. Mahfoud Hansali a mené les enquêteurs vers l'endroit où il a transporté le corps.

La version de l'accusé : une relation amoureuse et une dispute fatale

Après plusieurs changements de version, Mahfoud Hansali s'en tient à celle-ci : il entretenait depuis plusieurs mois une relation amoureuse avec Sihem. La nuit du crime, il l'emmène dans un appartement prêté par son ex-beau-frère à La Grand'Combe. Ils auraient eu des rapports sexuels, puis il aurait tué Sihem qui était « très amoureuse » de lui et aurait menacé de « tout dévoiler au grand jour ». Il raconte au juge d'instruction : « Je lui demande de cesser ses propos car il y en a qui m'énervent et qui me mettent hors de moi. Elle continue et s'avance vers moi. Elle s'avance pas pour me cogner, mais pour me dire ce qu'elle a à me dire. Et je ne veux pas écouter ça, je ne suis pas en état d'entendre des plaintes amoureuses ».

Il reconnaît lui avoir porté une claque au visage, puis lui avoir « mis la main sur la bouche » pour « la faire taire ». La croyant « dans les vapes », il se serait aperçu de son décès. Cette version est contredite par l'autopsie, qui ne relève aucun indice d'une relation sexuelle, mais des traces de strangulation et de plusieurs coups au visage. Pour les experts, Sihem a été étranglée, probablement par-derrière.

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Une autre piste : une « combine » qui aurait mal tourné

L'idée d'une victime amoureuse de son meurtrier n'est attestée par aucun témoin : ni les sœurs de Mahfoud Hansali, ni son ex, ni les parents de Sihem, ni ses amis. Plusieurs d'entre eux évoquent une « combine » dans laquelle Mahfoud aurait entraîné Sihem. Une amie de Sihem détaille : « Sihem devait se faire passer pour une nourrice auprès d'un trafiquant de stupéfiants à Nîmes en échange de 10 000 euros. La nourrice aurait volé la drogue à ce trafiquant et Mahfoud voulait faire passer Sihem pour cette fille dans le but d'avoir une grosse somme d'argent ». Ses amis avaient tenté de l'en dissuader, en vain. Le soir du crime, elle leur avait dit rejoindre Mahfoud Hansali pour cette mise en scène. L'accusé dément vigoureusement cette version.

Un accusé décrit comme « antisocial » et « impulsif »

Mahfoud Hansali, décrit par les experts comme « antisocial » et « impulsif », était sous pression la nuit du crime, à sept jours d'un nouveau procès aux assises pour le braquage violent d'un bar-tabac. À un de ses frères, il a confié être, cette nuit-là, « à fond de coke. Il a dit 'je te jure, je voyais plus rien'. Il devenait parano ». Les échanges réguliers entre Mahfoud et Sihem sur les réseaux sociaux restent mystérieux, car le meurtrier a fait disparaître son téléphone et celui de sa victime.

Le besoin de comprendre des proches de la victime

Les parents de Sihem et sa famille « ont un besoin profond de comprendre ce qui s'est passé cette nuit-là, les raisons qui l'ont poussé à commettre cet acte », explique l'une de leurs avocates, Sara Benlefki. « Ils ont du mal à faire leur deuil, parce qu'il y a beaucoup d'interrogations ». L'accusé, qui se dit très pieux, a confié à un expert prier pour le pardon des parties civiles et se considérer plus redevable devant la justice divine que devant celle des hommes.