Ouverture du procès pour l'assassinat d'Agnès Lassalle
La cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques entame ce mardi, et pour une durée de quatre jours, le procès à huis clos d'un jeune homme de 19 ans, accusé du meurtre d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol de 53 ans. L'enseignante a été mortellement poignardée le 22 février 2023 dans son lycée de Saint-Jean-de-Luz, un drame qui avait profondément ému la communauté éducative nationale.
Les faits du 22 février 2023
Ce jour-là, au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin, l'adolescent alors âgé de 16 ans s'est levé en fin de cours, a verrouillé la porte de la salle de classe avant de se retourner, armé d'un couteau de cuisine de 18 cm. Il a approché Agnès Lassalle et l'a frappée d'un coup sec à la poitrine, selon les témoins présents. La lame a pénétré entièrement au niveau du cœur, entraînant le décès de la victime malgré l'intervention rapide des secours. L'arme avait été apportée de son domicile la veille, enveloppée dans du papier essuie-tout.
La question centrale du discernement
Le procès, tenu à huis clos en raison de la minorité de l'accusé au moment des faits, doit trancher la responsabilité pénale du jeune homme. Les expertises psychiatriques présentent des conclusions divergentes :
- Un premier rapport a estimé que son discernement était préservé.
- Une expertise collégiale a suggéré une altération légère due à son vécu de harcèlement scolaire, son état dépressif et son anxiété chronique.
- Un dernier rapport, remis en novembre 2024, a conclu à un discernement totalement aboli en raison d'un trouble psychique sévère.
L'accusé, décrit comme anxieux et suivi par un psychiatre depuis quatre ans, a expliqué son geste par l'influence d'une petite voix qui l'incitait à faire le mal. Il prenait un traitement antidépresseur suite à une tentative de suicide en novembre 2022.
Les attentes des parties civiles
Le compagnon d'Agnès Lassalle, représenté par son avocat Me Sébastien Binet, attend une vérité judiciaire et espère une reconnaissance de la part de l'accusé. Il pourrait assumer sa responsabilité, formuler des excuses et expliquer ce qui a provoqué l'acte, a déclaré l'avocat. Pour Me Thierry Sagardoytho, défenseur de l'accusé, les débats seront douloureux, soulevant des questions sur l'adéquation de la prise en charge psychiatrique antérieure.
Contexte et émotion nationale
Ce drame a ravivé les traumatismes au sein du corps enseignant, survenant peu après les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard. Une minute de silence avait été observée dans les établissements scolaires à travers le pays. Selon l'AFP, une dizaine de meurtres de professeurs ont été recensés dans l'exercice de leurs fonctions au cours des quarante dernières années, soulignant les risques auxquels sont exposés les éducateurs.



